Breast cancer - Woman holding her breast

Cancer du sein : le point sur le dépistage

Les recommandations en matière de prévention du cancer du sein sont loin d’être toujours claires. Et d’étude en étude, les campagnes de dépistage semblent parfois plus ou moins efficaces, parce que trop étendues, ou pas assez. Mise à jour avec la Dre Jocelyne Chiquette.

Médecin responsable du Centre des maladies du sein, à Québec, Jocelyne Chiquette connaît parfaitement les méthodes de dépistage du cancer du sein. Elle est donc à même de mieux éclairer celles qui pourraient mal interpréter les renseignements que fournit le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Par exemple, lorsque celui-ci déclare que l’autoexamen des seins comme l’examen clinique (lors d’une visite de routine chez le médecin) ne sont pas «recommandés» comme moyen de dépistage.

À l’écouter, on comprend que si les autorités médicales ont cessé de réclamer que ces examens soient systématiques, et considérés comme une source fiable afin de prévenir la mortalité, ils n’en sont pas moins importants.

Principalement chez les femmes qui ne sont pas touchées par les campagnes de mammographies, mais aussi entre ces examens qui se font aux deux ans. L’important, c’est de bien se connaître, d’observer l’apparition de changements, et de confier ses doutes et inquiétudes à son médecin lors d’examens de routine. Car même si ces techniques ne sont pas les plus fiables, elles sauvent quand même des vies.

L’autoexamen

«Ça a longtemps été enseigné aux femmes, et c’était très stressant pour elles de l’effectuer, explique la Dre Chiquette. Puis on a fait des études en Russie et en Chine qui ont démontré que la diminution de mortalité à long terme n’était pas suffisante pour qu’on recommande de faire l’autoexamen tous les mois.»

«Il faut cependant demeurer vigilante, ajoute-t-elle. S’il y a des changements dans les seins, il faut le signaler à son médecin, surtout si on est une femme plus jeune, et qu’on n’est donc pas touchée par les campagnes de dépistage (qui débutent à 50 ans). Donc, s’il y a un changement de forme, une rétraction du mamelon, ou une masse sous le bras, on consulte. Même si on a passé une mammographie il n’y a pas si longtemps. Parce qu’il se peut que celle-ci n’ait pas permis de déceler une tumeur qui était pourtant là.»

L’examen clinique

«Si on repère un changement, le médecin pourra nous aider à poursuivre l’investigation. Il peut juger de la gravité de la situation, prescrire d’autres tests. Les IPSPL (superinfirmières) peuvent aussi faire ces examens. Il faut dire que ce n’est pas évident pour quelqu’un qui n’est pas initié : un sein, c’est granuleux, la texture est spéciale.»

«De plus en plus, l’examen clinique redevient au goût du jour, surtout pour les femmes qui ne sont pas admissibles au dépistage systématique. Il peut permettre de détecter un cancer à un stade précoce, ce qui procure de meilleures chances de survie et nécessite des traitements moins difficiles.»

La mammographie

«Quatre-vingts pour cent des cancers du sein surviennent après 50 ans, expose Jocelyne Chiquette. La mammographie, c’est le seul type de dépistage dont on sait qu’il réduit très efficacement la mortalité. Il y a des pour et des contre, et l’idéal, c’est de cibler les femmes les plus à risque. Le dépistage par mammographie est donc offert à toutes les femmes, tous les deux ans, lorsqu’elles ont de 50 à 69 ans.»

«Chez les femmes qui participent à ce dépistage, le taux de mortalité est réduit de 40 %. C’est pas mal, quand même, insiste-t-elle. C’est vrai que parfois, on trouve de petits cancers qui n’auraient pas rendu la patiente malade, et qu’on les traite quand même. Mais on essaie de plus en plus de discriminer les types de cancers les moins invasifs. Avec l’avancée de la génétique et la classification des types de cancers, ça va s’améliorer. On s’en va vers des thérapies personnalisées.»

La tomosynthèse

«Cette technique en trois dimensions est surtout utilisée chez les femmes qui ont les seins très denses, ce qui rend la détection plus difficile. Elle permet de voir des cancers qui ne seraient pas apparus à la mammographie. Pour le moment, il n’y a pas d’études qui affirment que cette technique devrait remplacer la mammo, mais elle est plus indiquée pour les femmes jeunes.»

L’échographie

«C’est un bon examen d’investigation pour mieux connaître la nature de ce qu’on a trouvé par d’autres moyens, comme la palpation ou une résonance. Est-ce qu’une masse est solide ou liquide, par exemple. Si c’est liquide, c’est sans doute un kyste, donc pas d’inquiétude. Mais si on ne sait pas ce qu’on cherche, c’est compliqué. On n’utilise pas cet examen sans avoir trouvé exactement l’endroit à examiner, sinon, c’est un peu comme chercher un papillon de boucle d’oreille sur un plancher en terrazzo», illustre-t-elle.

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David Desjardins
Contributeur fréquent à L'Actualité, à Vélo Mag et à Entrée Principale à Radio-Canada, David Desjardins est le rédacteur en chef de NotreSanté.ca