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28 jours sans alcool

Devenu campagne de financement pour la Fondation Jean Lapointe après une première année au rayonnement médiatique inespéré, le Défi 28 jours sans alcool est un parfait exemple du pouvoir des réseaux sociaux en matière de conscientisation en santé.

Devenu campagne de financement pour la Fondation Jean Lapointe après une première année au rayonnement médiatique inespéré, le Défi 28 jours sans alcool est un parfait exemple du pouvoir des réseaux sociaux en matière de conscientisation en santé.

Janvier 2012. Jean-Sébastien Chouinard travaille en marketing numérique. «J’étais du genre work hard, play hard», résume-t-il pour illustrer son mode de vie oscillant entre le travail et la fête. Au lendemain du Nouvel An, il décide d’être abstinent d’alcool pendant un mois. «Mais on m’a invité à faire un voyage ce mois-là, ce qui n’est pas le timing idéal pour entreprendre ce genre de jeûne. Alors l’ami qui m’avait invité m’a dit : “Fais-le en février, je le ferai avec toi. En plus, c’est le mois le plus court”», raconte-t-il.

Il crée alors un événement Facebook auquel se joignent des tonnes de gens. «Des blogueurs en ont parlé, on a été interviewés à la radio, et l’été suivant, la Fondation Jean Lapointe nous a approchés pour qu’on en fasse une collecte de fonds.»

Depuis 2013, donc, les gens sont invités à amasser des fonds par l’entremise de ce défi. Montants qui viennent regarnir les caisses de la célèbre Fondation, dont l’un des objectifs est de venir en aide aux personnes dépendantes à l’alcool ou à la drogue.

Prévention et sensibilisation

Pourquoi la Fondation Jean Lapointe souhaitait-elle embrasser une cause qui n’avait pas pour objectif de lutter contre la dépendance? Jean-Sébastien Chouinard, qui fait toujours partie du comité du Défi, explique : «La Fondation joue aussi un rôle en prévention et en sensibilisation. La campagne vise la sensibilisation et l’argent est investi dans un programme de prévention.»

Nommé Mon indépendance, j’y tiens, ce programme n’a pas pour objectif de prôner l’abstinence en matière de drogue ou d’alcool, mais bien de faire réaliser aux adolescents les conséquences d’une possible consommation abusive sur leur vie.

Mode de vie

La sobriété est à la mode. Aux États-Unis, les 5 à 7 sans alcool se multiplient. D’autres projets comme Ocsobre ont vu le jour ici.

Mais ce n’était pas tant de rompre avec l’alcool que de s’obliger à altérer ses habitudes qui intéressait le fondateur du Défi 28 jours. «J’avais vu la conférence TED de Matt Cutts, un ancien de chez Google, qui suggérait de faire une chose nouvelle pendant un mois, ce qui force ton cerveau à s’adapter. Et ça t’oblige à analyser tout le reste de tes comportements, de ta vie.»

Du coup, le Défi 28 jours sans alcool est avant tout une méthode de recul pour voir la place que prend l’alcool dans nos vies.

«Cette année, la nouveauté, c’est qu’on peut créer des équipes à partir de l’application sur Facebook», explique Sébastien. Ce qui permet de se motiver en groupe. Les années précédentes, des fonctionnalités permettant de calculer le total d’argent investi dans l’alcool et les calories ingérées en un mois faisaient partie de la stratégie. Des particularités que l’on trouve dans plusieurs applications du genre, et qui peuvent aider à la prise de conscience et servir de compagnons dans ce qui s’appelait amusamment, lors de sa fondation, «le mois le plus long de ta vie».

Réseaux sociaux et rayonnement

Misant sur un bouquet de porte-parole plus traditionnels, mais aussi d’influenceurs des médias électroniques, dont des blogueurs, le Défi profite brillamment de l’outil que constitue le média social pour susciter intérêt et engagement.

«Avec peu de moyens, ça nous a permis de concevoir des outils, d’avoir une plateforme de paiement, et aussi de créer un buzz autour de l’événement pour obtenir une masse critique de participants», expose Jean-Sébastien. Avec les changements dans les paramètres Facebook qui obligent à investir dans la publicité afin d’obtenir un rayonnement efficace, l’arrivée des influenceurs du Web permet de contourner le problème. Ceux-ci s’adressent directement à leurs abonnés, via leur compte, ce qui permet à l’événement de vivre à travers ces figures désormais incontournables des médias.

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David Desjardins
Contributeur fréquent à L'Actualité, à Vélo Mag et à Entrée Principale à Radio-Canada, David Desjardins est le rédacteur en chef de NotreSanté.ca