Apnée du sommeil 2: dommages collatéraux

Deuxième texte d’une série sur ce mal qui sévit pendant qu’on dort. Ou enfin, qu’on essaie.

Obésité, diabète, AVC… et même Glaucome ou Alzheimer : l’apnée du sommeil traîne dans son sillage une panoplie de maux. Et on ne cesse d’en pointer des nouveaux.

S’il appert qu’on se trompe parfois en identifiant l’apnée de sommeil comme un problème de santé qui affecte principalement les personnes souffrant de surpoids (bien que celles-ci soient très susceptibles d’être affectées, on considère que l’apnée du sommeil obstructive est principalement causée par une certaine morphologie du visage), d’autre récentes découvertes indiquent quant à elles que les conséquences se multiplient chez les gens atteints.

Ce qu’on savait déjà

Le principal ennui avec l’apnée du sommeil, c’est qu’en maintenant la personne dans un état de sommeil superficiel toute la nuit, elle l’empêche de parfaitement récupérer.

La somnolence et la fatigue permanente sont donc non seulement les premiers symptômes qui indiquent qu’on puisse être atteint, mais ils sont aussi parmi les causes de nombreux problèmes qui vont de l’irritabilité à la perte de libido, en passant par la perte de mémoire, et même la dépression. Ajoutez à cela la gestion de l’appétit qui devient aussi problématique quand on est en déficit de sommeil. « C’est presque impossible de perdre du poids avec une apnée du sommeil non traitée, explique Josée Bergeron, inhalothérapeute spécialisée. Même qu’au début du traitement, souvent, les gens vont maigrir sans effort particulier. »

S’ajoutent enfin à ces problèmes connus une panoplie de conditions qui vont de l’hypertension à l’augmentation du risque de souffrir d’un infarctus ou d’un AVC en passant par l’angine et l’insuffisance cardiaque.

Ce qu’on sait maintenant

Dans une récente entrevue, l’ophtalmologiste Eric Tourville exposait que parmi les nombreuses causes de glaucome, il faut compter l’apnée du sommeil. « Le manque d’oxygène affecterait le nerf optique », expliquait-il, ce qui accélère sa dégénérescence, parfois jusqu’à la cécité si rien n’est fait.

Ce que confirme Josée Bergeron, ajoutant que de récentes recherches lient même la maladie d’Alzheimer à ces arrêts respiratoires multiples, qui peuvent survenir jusqu’à 60 fois l’heure chez ceux qui en souffrent. « On croit que c’est à la fois à cause du manque d’oxygène, mais aussi en raison du stress que provoque la fatigue ».

« La glycémie devient aussi très difficile à contrôler, ajoute-t-elle. Ce qui fait que le diabète compte aussi parmi les conséquences possibles. »

La plupart de ces problèmes graves sont cependant évitables, soutient-elle, à condition de traiter convenablement, à l’aide de différentes techniques (sujet de la troisième et dernière partie de cette série).

Mais encore faut-il savoir qu’on souffre d’apnée du sommeil. Or, bien que fréquente, elle est trop rarement diagnostiquée.

 

À lire :

Partie 1 : Un mal trop commun

Partie 3 : Du diagnostic au traitement

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