Après l’AVC

Un AVC mineur n’est pas une bonne nouvelle. Mais ce n’est pas nécessairement une catastrophe non plus. Voici à quoi ressemble le parcours de celles et ceux qui cherchent à retrouver leur vie d’avant.

Au souper, Michel Gauthier s’est rendu compte qu’il perdait un peu le contrôle de sa main droite et qu’il parvenait plus difficilement à prononcer certains mots. Ayant précédemment pris la précaution d’apprendre quels symptômes accompagnent un AVC (accident vasculaire cérébral), il appelle une ambulance, laquelle le conduit à l’hôpital, où il est admis.

Après qu’il a été vu par l’urgentologue, puis le neurologue, on l’hospitalise pour s’assurer de faire le bon diagnostic. Et comme de juste, les examens indiquent clairement que M. Gauthier a souffert d’un AVC mineur.

«La nature d’un AVC mineur n’est pas clairement définie dans la littérature, explique le neurologue Marc Petitclerc, mais on considère généralement comme tel un AVC qui ne comprend pas pour le patient de déficit résiduel qui l’invaliderait significativement.»

Un déficit invalidant comprendrait un ou plusieurs de ces problèmes :

  • Perte permanente d’une partie du champ visuel
  • Aphasie
  • Paralysie d’un ou plusieurs membres
  • Incapacité de marcher
  • Toute atteinte neurologique qui empêche le retour au fonctionnement antérieur

Notez qu’il existe des échelles qui mesurent le degré d’invalidité.

Se remettre d’un AVC

Première étape pour M. Gauthier : on tente de trouver la source de l’accident. «Dans 20 à 30 % des cas, on ne parvient pas à déterminer la cause», expose le neurologue. Selon le résultat de cette enquête médicale, on prescrit médicaments et modifications des habitudes de vie pour éviter la récidive (sujet de notre prochain texte sur l’AVC).

Par la suite, une équipe prend M. Gauthier en charge. Ce dernier est chanceux, il a été admis dans un établissement où une équipe de spécialistes veille à sa réadaptation. Neurologue, infirmière, physiothérapeute, ergothérapeute, orthophoniste, nutritionniste, neuropsychologue, travailleuse sociale l’évaluent et l’aident à retrouver suffisamment d’autonomie pour qu’il puisse rentrer à la maison de manière sécuritaire.

Malheureusement, cette qualité de services n’est pas offerte partout. Et si on est renvoyé chez soi, le suivi en externe est parfois extrêmement long. À moins, bien sûr, de payer pour obtenir des services au privé.

La durée de la réadaptation varie selon la gravité de l’accident et la région du cerveau qui a été affectée. Parfois, quelques jours suffisent. Mais des mois peuvent être nécessaires pour retrouver l’équilibre, la vue ou pour se débarrasser d’un trouble du langage, pour ne nommer que quelques-uns des handicaps provoqués par un AVC mineur.

Les kinésiologues, physiothérapeutes et ergothérapeutes sont alors d’une aide précieuse, permettant aux patients de retrouver leur motricité et contribuant à diminuer certaines douleurs afin que ceux-ci retrouvent éventuellement leur vie normale.

Les troubles invisibles

Parmi les contrecoups qui suivent un AVC mineur, il ne faut pas non plus négliger les problèmes d’ordre psychologique. Le corps peut revenir rapidement à un fonctionnement presque normal, mais d’autres troubles peuvent guetter la personne qui se remet d’un tel incident.

«La dépression post-AVC est un phénomène bien documenté qui toucherait 25 à 30 % des patients, selon une étude, expose le Dr Petitclerc. Et parfois, sans qu’il s’agisse d’une dépression, le patient peut connaître des épisodes dépressifs dans les jours, les semaines, voire les mois subséquents.» D’où l’importance du suivi psychologique. Des troubles de l’humeur, de la fatigue, un manque d’énergie, des difficultés de concentration comptent aussi parmi les ennemis invisibles qui peuvent guetter le malade en rémission.

Les problèmes de sommeil sont également souvent mentionnés par les patients. Certains dorment énormément, d’autres très mal. «Mais il n’y a pas encore de raison clairement établie pour cela, du moins, aucune évidence scientifique», précise le spécialiste.

Ce dernier insiste cependant sur l’importance de suivre rigoureusement les conseils prodigués et les prescriptions afin de revenir à la normale. Cela demande parfois de la discipline, mais elle est une nécessité pour retrouver la santé.

 

(Prochain article : Prévenir un second AVC)Air Jordan XIV High

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