Man covering his crotch with both hands

Cancer de la prostate : faire parler les hommes

Devenu le mois de la santé des hommes, novembre est le théâtre de vastes campagnes de sensibilisation au cancer de la prostate. Une maladie qui s’accompagne de nombreux stigmates auxquels s’attaque Procure, un organisme qui donne autant dans l’éducation que dans le soutien aux malades.

Devenu le mois de la santé des hommes, novembre est le théâtre de vastes campagnes de sensibilisation au cancer de la prostate. Une maladie qui s’accompagne de nombreux stigmates auxquels s’attaque Procure, un organisme qui donne autant dans l’éducation que dans le soutien aux malades.

Directeur général de Procure depuis 2013, Laurent Proulx n’est ni médecin ni chercheur. «Je suis un patient», dit-il. L’organisme qu’il dirige agit comme vecteur d’information et de soutien pour venir en aide aux hommes touchés par la maladie. Sa principale mission : mettre en garde les hommes les plus susceptibles d’être atteints.

«Je ne suis pas médecin, reprend-il, mais ce que je vous livre comme information vient des urologues avec lesquels nous travaillons, et auxquels nous faisons confiance», poursuit ce survivant du cancer, bien conscient que la détection de la maladie n’est pas exempte des controverses qui entourent plusieurs idées reçues en matière de campagnes de dépistage.

Qui devrait se sentir concerné?

  • «Le risque est plus grand chez les hommes de 55 ans et plus, expose Laurent Proulx. Moi, je l’ai eu à 48 ans, mais seulement 2% des hommes en souffrent avant 50 ans. On recommande donc le dépistage à partir de 50 ans.»
  • «Si un de vos parents proches (père, oncle, grand-père) a été diagnostiqué d’un cancer de la prostate, votre dépistage devrait débuter 10 ans plus tôt que l’âge auquel le cancer a été détecté chez celui-ci. Par exemple, mes fils devraient être surveillés à partir de 38 ans.»
  • «Si vous êtes en surpoids, sédentaire et que vous négligez votre hygiène de vie, vous êtes plus à risque de développer n’importe quelle forme de cancer.»
  • «La génétique a une incidence importante. Si un parent a été touché, vous avez deux fois plus de risques de l’être. Si deux ou trois parents sont atteints, votre risque d’avoir ce cancer se multiplie alors de 5 à 11 fois.»

Les séquelles

Chez les hommes qui doivent être opérés pour le cancer de la prostate, ce sont surtout les séquelles qui sont inquiétantes. Chez Procure, on donne l’heure juste à ce sujet tout en offrant une oreille attentive (grâce à une adresse courriel et une ligne sans frais).

Parmi ces répercussions, on compte l’incontinence urinaire et les problèmes d’érection. Des ennuis qui provoquent la gêne, certes, mais qui ne sont pas irréversibles. «L’incontinence se règle la plupart du temps à l’intérieur d’un an. Et les difficultés d’érection ne touchent que 20% des hommes», rassure-t-il.

«Mais il ne faut pas oublier la dimension psychologique, ajoute le porte-parole. Certains ne veulent pas parler, la maladie affecte leur masculinité. Il faut aussi être conscient de ça.»

Faire parler les hommes

Un des rôles de Procure est de briser le silence autour d’une maladie qui est souvent une source de malaise, voire de honte chez les hommes. «Nous allons dans les salons, en entreprise, nous essayons de transmettre l’information en utilisant des canaux variés. Nous diffusons aussi nos conférences en ligne», explique M. Proulx.

Une manière de faire qui commence à porter ses fruits. «Avant, au Salon de la FADOQ, les hommes qui se présentaient à notre kiosque venaient s’informer pour des amis. Ou alors, c’étaient les femmes des malades. Aujourd’hui, de plus en plus d’hommes directement touchés viennent nous parler. Ce n’est pas encore parfait, mais le contact s’améliore…»

Pour aider, vous pouvez contribuer à la campagne de financement Noeudvembre de Procure.

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David Desjardins
Contributeur fréquent à L'Actualité, à Vélo Mag et à Entrée Principale à Radio-Canada, David Desjardins est le rédacteur en chef de NotreSanté.ca