Runner wearing red running a race with fast motion

Courir vite : rien ne prouve que ce soit mauvais pour la santé

Comme s’ils cherchaient à contrer l’épidémie de course à pied qui sévit depuis quelques années en Occident, des scientifiques danois se sont attardés, c’est ce qu’ils disent, aux effets néfastes d’une pratique trop intense de la course.

C’est le propre des scientifiques de douter, de débusquer la bête noire, ce qui ne va pas.

Comme s’ils cherchaient à contrer l’épidémie de course à pied qui sévit depuis quelques années en Occident, des scientifiques danois se sont attardés, c’est ce qu’ils disent, aux effets néfastes d’une pratique trop intense de la course.

En fait, si on en croit l’interprétation qu’ils font de leurs résultats, les coureurs qui pratiquent leur sport à haute intensité auraient le même taux de mortalité que les personnes sédentaires.

Évidemment, on a rapporté la nouvelle un peu partout, pour en faire un exemple et reprendre la rengaine voulant que la modération a bien meilleur goût.

Sauf que… c’est n’importe quoi.

C’est ce que démontre le journaliste scientifique Alex Hutchinson dans un article qu’il publie dans Runners World, mettant en exergue quelques données ignorées par la plupart des autres journalistes qui ont rapporté les conclusions de l’étude, sans toutefois s’attarder à la validité des données et des échantillons employés.

C’est intéressant, mais ce n’est pas sérieux

Hutchinson insiste sur l’importance d’une telle étude, mais expose que les données sont si faibles qu’elles ne permettent de tirer aucune conclusion signification pour le moment.

En gros, si la théorie est intéressante, la conclusion, elle, ne mérite même pas qu’on s’y attarde.

Par exemple ? On ignore de quoi sont morts les coureurs « rapides ». Frappés par la foudre ? Une voiture ? Victimes d’un infarctus ? L’étude ne le dit pas. Ensuite, il y a d’immenses disparités en nombre dans les différents groupes. Dès lors, les taux de mortalités sont faussés.

Combien de décès au total, parmi les coureurs rapides ? Deux. « Vous pouvez torturer ces chiffres comme vous le souhaitez, ironise Hutchinson, ils ne vous donneront jamais de réponse probante ».

Bref, les coureurs avides de vitesse et de distance feraient bien de surveiller leur santé. Mais aucune étude de démontre clairement qu’il est préférable pour eux de plutôt regarder la télé en mangeant des chips.

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David Desjardins
Contributeur fréquent à L'Actualité, à Vélo Mag et à Entrée Principale à Radio-Canada, David Desjardins est le rédacteur en chef de NotreSanté.ca