Angry hungry man (boss) with knife and raw bloody meat.  Downsiz

Diète paléo : trop beau pour être vrai

Sensée singer les habitudes alimentaires de nos ancêtres à l’ère paléolithique, la diète paléo connait une popularité fulgurante chez les personnes qui cherchent à perdre du poids, mais aussi chez les athlètes d’endurance, puisque certains l’ont adoptée et affirment obtenir de meilleurs résultats avec celle-ci.

Mais qu’en dit la science? Et ne risque-t-on pas, à long terme, de subir certaines carences vitaminiques avec ce genre de régime très restrictif?

Sensée singer les habitudes alimentaires de nos ancêtres à l’ère paléolithique, la diète paléo connait une popularité fulgurante chez les personnes qui cherchent à perdre du poids, mais aussi chez les athlètes d’endurance, puisque certains l’ont adoptée et affirment obtenir de meilleurs résultats avec celle-ci.

Mais qu’en dit la science? Et ne risque-t-on pas, à long terme, de subir certaines carences vitaminiques avec ce genre de régime très restrictif?

La nutritionniste Andréanne Martin fait le tour de la question.

D’abord, comment décririez-vous les principes qui régissent la diète de type paléo?

La diète paléo réfère à ce que consommaient nos ancêtres de l’époque des Homo Erectus, ou du moins, à ce qu’on croit qu’ils consommaient… Les gens qui adhèrent à ce régime alimentaire doivent éviter de manger des produits céréaliers, des produits laitiers, des légumineuses, des sucres raffinés, de la caféine et de l’alcool. Leur régime alimentaire est donc constitué de viande, de fruits et de légumes, de noix et de miel.

Y’a-t-il des fondements scientifiques derrière celle-ci, et qu’en disent les études?

Aucun fondement scientifique: la science de s’est pas penchée sur l’étude d’une telle diète à long terme.  Elle nous rapporte par contre qu’à l’ère où vivaient les Homo Erectus, ils avaient déjà eu le temps d’occuper plusieurs territoires, et ainsi, leur alimentation variait selon l’endroit où ils se trouvaient. Des fossiles nous permettent maintenant de constater qu’à cette époque, les grains entiers existaient réellement et faisaient peut-être partie du régime alimentaire de nos ancêtres.

Sinon, aucune étude ne rapporte d’effets positifs d’une telle diète sur les performances sportives. Au contraire, on sait qu’un marathonien en souffrira parce qu’elle est trop pauvre en glucides pour ce type d’entraînement.

De votre point de vue de nutritionniste, quels sont les avantages, inconvénients (et donc carences possibles) liés à ce genre de diète?

Elle est très difficile à suivre à long terme, car elle comprend beaucoup de restrictions. Ce genre de restrictions engendre un isolement social ou simplement, un changement dans le cercle d’amis. Souvent, le régime paléo est plus ou moins bien appliqué et semble se confondre pour certaines personnes à un régime sans glucides, donc en plus des restrictions imposées, certains individus en vont même jusqu’à éliminer les fruits. On sait que notre cerveau fonctionne avec un minimum de 130g de glucose par jour. Si on ne lui fournit pas cette quantité quotidienne, le corps transformera les protéines en glucose, ce qui n’est pas souhaitable.

On sait aussi qu’il est difficile d’aller chercher les besoins en calcium et vitamines B dans les produits végétaux. Le fait d’exclure les laits et substituts rend la complétion de ces besoins encore plus difficiles. Est-ce que les personnes qui pratiquent cette diète vont réellement faire tremper leurs amandes, prendront un supplément de vitamine D, mangeront du chou, des graines de sésame et du brocoli à tous les jours? Pourtant, il le faudrait pour couvrir leurs besoins en calcium et vitamine D, afin d’assurer une santé osseuse à long terme.

Enfin, sans aucun produits céréaliers, aucune légumineuses, il est difficile d’atteindre 30g de fibres par jour. Et beaucoup de viandes signifie un apport en gras saturés plutôt élevé.

De plus en plus de sportifs se tournent vers ce type d’alimentation, délaissant les glucides. Est-ce une bonne idée?

Diminuer les glucides raffinés, c’est une bonne idée! Abolir les glucides en général, même les glucides lents, c’est est une autre. Tout dépend le type de sport que l’on fait. Un entraînement en prise de masse, un entraînement pour le demi marathon, un entraînement en force, en endurance, en flexibilité, bref, on doit adapter le type de carburant au modèle de voiture que l’on a et au type de performance que l’on souhaite obtenir. Il en est de même pour l’alimentation. Les gens qui adhérent à cette diète disent se sentir mieux! Pour quelques mois, certes : moins de ballonnements, perte de poids, meilleure énergie (ce sont les effets d’une alimentation plus riche en aliments bruts, en protéines et en légumes et moins dense en glucides raffinés). À long terme, le manque d’énergie s’emparera de nos candidats par manque de glucides et de vitamines du groupe B. Et que dire de la santé osseuse!

Pourrait-on consommer de meilleurs glucides, ou plus efficaces, plutôt que de les laisser tomber?

Définitivement! Il faut privilégier les glucides lents (grains entiers – et spécifiquement ceux-ci : quinoa, patate douce, sarrasin, orge, gruau -, les fruits avec la pelure ou petits fruits, les légumineuses, les légumes sucrés – courges, panais, pois verts -, les produits laitiers – lait, boisson de soya, yogourt grec nature – et limiter simplement la portion. Ce sont les deux plus gros défis, mais c’est en modifiant les sources de glucides qu’on obtiendra les mêmes résultats tout en évitant d’être carencé.

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David Desjardins
Contributeur fréquent à L'Actualité, à Vélo Mag et à Entrée Principale à Radio-Canada, David Desjardins est le rédacteur en chef de NotreSanté.ca