Les drogues et la santé : la légalisation de la marijuana

Le milieu de la santé accueille avec beaucoup d’appréhension la légalisation de la marijuana, prévue pour juillet 2018. Invitées à se prononcer sur l’encadrement que devrait imposer le gouvernement du Québec pour la vente du pot, plusieurs instances en santé sont venues exprimer leurs inquiétudes et offrir quelques conseils. Voici tout ce qu’il faut savoir des avis des experts.

Pas de promotion

On entend souvent les détracteurs de la légalisation s’inquiéter que le gouvernement ou le privé s’adonne à la promotion de la marijuana, puisqu’il s’agirait, pour l’un ou l’autre, selon le type de commercialisation choisi, d’une énorme source de revenus qu’on voudra faire grossir.

Or, que le gouvernement nationalise la vente, comme le suggérait le directeur de la santé publique de Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, ou qu’il la confie au domaine privé, comme prévoit le faire l’Ontario, il a l’intention d’interdire toute publicité visant à encourager la vente de marijuana. On ne suivra donc pas le modèle de l’alcool, mais celui de la cigarette.

L’âge légal

Un important débat sévit autour de l’âge minimum que devrait imposer Québec pour l’achat de marijuana. Certaines instances, comme la Fédération des médecins spécialistes du Québec ou l’Association des médecins psychiatres du Québec, croient que cet âge devrait être fixé à 21 ans. Les premiers pour éviter le développement hâtif de maladies cardiopulmonaires. Les seconds en raison de la vulnérabilité du cerveau humain jusqu’à 25 ans.

D’autres groupes, toutefois, clament qu’en privant les jeunes de 18 à 20 ans, qui comptent parmi les plus importants consommateurs de pot, on les obligera à se procurer des produits dont la qualité est douteuse, à faire affaire avec le marché noir, et donc à s’exposer à plus de dangers encore.

Les effets sur la santé mentale

La consommation de psychotropes est souvent associée au développement de maladies mentales ou à leur apparition précoce. La légalisation, craignent les psychiatres, pourrait provoquer une multiplication de cas de psychoses, déjà en hausse, vu la consommation déjà banalisée de cette drogue, bien qu’elle soit illégale.

Les experts en santé mentale redoutent une augmentation encore plus importante avec la légalisation si le gouvernement n’a pas aussi un plan de sensibilisation et d’éducation pour prévenir les abus.

Les accidents de la route

Il n’existe pas encore de manière efficace de détecter la conduite avec les facultés affaiblies par la marijuana. Aussi, plusieurs organismes, ainsi que les policiers et même les chambres de commerce du Québec, craignent une hausse des accidents liés à la consommation.

Les réclamations des groupes inquiets

Si on recroise les différentes demandes des groupes qui se sont prononcés lors des audiences tenues par Québec, certaines grandes lignes semblent faire l’unanimité devant l’inéluctable légalisation de la marijuana :

 

  • Réinvestir massivement les profits dans la prévention, l’éducation et la recherche en matière de détection pour la conduite sous l’effet de la drogue.

 

 

 

  • Contrôler le taux de THC, l’agent psychotrope actif de la marijuana, afin d’éviter les abus.

 

  • Ne pas vendre de produits mangeables (muffins, bonbons, etc.) contenant de la drogue et attendre avant de mettre en marché ces dérivés qui ont souvent posé problème dans les États américains qui ont d’ores et déjà légalisé le pot.
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