Enseigner la méditation aux enfants

La frénésie est contagieuse. Le stress aussi. Nos enfants sont donc plus ou moins forcés de subir le rythme haletant de journées qui, du lever au coucher, sont parfois un essoufflant ballet d’obligations dans lequel nous nous oublions.

C’est ce constat qui mène de plus en plus d’adultes à pratiquer la méditation. D’autant qu’il est désormais prouvé par la science qu’elle est bénéfique pour la santé générale. C’est aussi ce qui pousse un nombre croissant de parents à vouloir initier leurs enfants à cette pratique qui leur évite de traverser la vie sans en profiter.

Mais attention : à vouloir trop en faire, on pourrait les dégoûter. Car on n’apprend pas aux enfants à méditer comme on le fait avec les parents.

Jouer à la méditation

«Je pense qu’avant de penser à initier nos enfants à la méditation, il faut comprendre deux choses, expose la professeure de méditation et thérapeute en pleine conscience Marie-Ève Lécine. D’abord, puisque notre stress est contagieux, on aura beau faire faire de la méditation à nos enfants, ils vont quand même être tendus si nous le sommes. Ensuite, il ne faut surtout pas que ça devienne un devoir supplémentaire, une autre charge à mettre à leur agenda.»

Marie-Ève Lécine propose plutôt d’intégrer des techniques de pleine conscience au quotidien. Et d’en faire un jeu.

«Conceptuellement, la méditation, c’est la même chose pour les enfants et les adultes, mais sur la forme, c’est complètement différent. Beaucoup parce qu’il est difficile de demander aux jeunes de s’asseoir, immobiles», expose la prof qui suggère l’âge d’environ 7 ans pour débuter.

Premiers pas

«L’essentiel, c’est de leur faire prendre contact avec l’instant présent, propose-t-elle. Ça peut être intérieur, comme avec des exercices de respiration très simples et amusants. Ça comporte aussi l’observation de ses propres sentiments, de comment on se sent. On demande aux enfants de se brancher sur leurs émotions. Comment vont-ils? Ont-ils un soleil, des nuages, un orage en eux?»

«Ou alors ça peut être extérieur, poursuit-elle, en les amenant à fixer leur attention sur des choses de la nature, préférablement toutes petites, comme une fourmi qui avance dans le gazon.»

La prof adore intégrer la pleine conscience, soit l’art d’être à fond dans le moment présent, à toutes les activités qui ponctuent le quotidien. Comme manger. Ce qu’aucun enfant ne risque de refuser. Surtout s’il s’agit d’une sucrerie

«J’adore travailler avec les sens! La méditation du chocolat, c’est vraiment amusant. Mais on peut aussi jouer avec le toucher, et prendre le temps d’apprécier des textures, ou encore se concentrer sur un son. Le but, c’est de profiter de tout ce qui s’offre à nous.»

Des petits gestes

Le yoga est aussi une bonne manière de se recentrer et de prendre conscience de son corps. «On peut faire des choses très simples qui les obligent à se concentrer sur leur corps. Pas besoin de faire plusieurs répétitions ou que ça dure longtemps.»

Avec les enfants, l’accumulation de petits gestes et d’incitatifs ponctuels à changer leur point de vue pour goûter le quotidien a bien plus de chances de créer un état d’esprit qui mènera à un vrai changement de rythme de vie.

«Le cerveau des enfants est très plastique, rappelle la thérapeute. Alors s’ils apprennent à aller en profondeur dans ce qu’ils font, ça restera inscrit en eux.»

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Besoin de plus de conseils précis? Marie-Ève Lécine a quelques suggestions de contenus pour initier les enfants à la méditation :

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Le livre En route vers la sérénité, de Susan Kaiser Greenland

 

La vidéo Pour méditer comme une grenouille

 

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Et le livre duquel est tirée la vidéo précédente, Calme et attentif comme une grenouille, d’Eline Snel, préfacé par la sommité en la matière Christophe André.

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