Doctor Injecting A Young Child

Les faux arguments des antivaccins

Il est temps de répondre aux antivaccins et d’opposer des faits aux croyances. Nous avons donc recensé quelques-uns des mythes qui circulent afin de démonter les fictions paranoïaques au profit de la science.

L’opposition à la vaccination systématique des enfants croît à un rythme effarant depuis quelques années. Ce recul de l’opinion publique est en bonne partie dû aux campagnes de peur menées par des activistes qui prétendent que le risque associé à la vaccination – en réalité infime – est immensément plus important que ne veulent bien l’affirmer les médecins et le milieu pharmacologique.

Or, leurs craintes sont non seulement infondées, mais elles sont bien plus dangereuses que peuvent l’être les vaccins, puisqu’elles provoquent le retour de maladies qu’on croyait éradiquées – en bonne partie grâce à la vaccination infantile.

Coup d’œil sur les mythes que propagent les antivaccins, et sur l’inexistence des faits sur lesquels ils se basent.

Il existe un lien entre la vaccination contre la rougeole et l’autisme.

Non. Cette idée part d’une étude publiée en 1998 dans le magazine scientifique The Lancet. Pour expliquer simplement : un vaccin est une microdose du virus. Ici, l’étude prétendait que le virus de la rougeole s’installait dans les intestins d’un enfant, ce qui provoquait une inflammation qui, elle, influait sur le développement neurologique.

On apprendra par la suite que l’étude a non seulement été bâclée, mais que certains résultats auraient même été falsifiés.

Mais ce n’est pas tout : l’auteur principal, Andrew Wakefield, avait été engagé par un avocat pour préparer un procès contre les fabricants d’un vaccin contre la rougeole. Il était donc en sérieux conflit d’intérêts.

Apprenant tout cela, les autres auteurs de l’étude ont demandé à ce que leur nom n’y soit plus associé, puis, en 2010, le magazine va aller jusqu’à supprimer l’article de ses archives.

Mais visiblement, on peine à remettre le dentifrice dans le tube : un peu partout en Amérique et en Europe, des parents refusent désormais le vaccin en citant ce risque d’autisme imaginé par Wakefield, si bien que la maladie connaît un retour en force, avec quelques foyers d’épidémies. Entre janvier et avril 2015, dans la région de Lanaudière, on a assisté à une importante éclosion de la maladie.

En France, des jeunes femmes sont mortes après avoir été vaccinées contre le VPH.

C’est n’importe quoi. Mais il importe d’abord d’expliquer que le VPH, ou virus du papillome humain, est présent chez les hommes et les femmes, et transmis lors de relations sexuelles génitales, ou orales-génitales. Ses conséquences sont assez pénibles, et varient : verrues génitales, cancers de la bouche, de la gorge, du pénis, de la vulve, et beaucoup du col de l’utérus, ce dernier étant particulièrement mortel.

Pas plus tard que cette semaine, l’Agence de la santé publique du Canada soulignait la hausse préoccupante de cancers de la bouche chez les hommes, principalement liés au VPH.

Depuis quelques années, on conseille de vacciner les jeunes filles (en 4e année du primaire) pour prévenir cette maladie. Or, les antivaccins y ont vu une nouvelle incursion forcée du «Big Pharma», et ont vivement dénoncé cette campagne en prétendant que le vaccin, fabriqué par Gardasil, avait causé la mort de nombreuses femmes.

Or, le vaccin ayant été administré à des millions de femmes, le nombre d’entre elles qui sont mortes est statistiquement conforme aux décès d’une population normale. Comme le soulignait un journaliste : elles auraient aussi pu être frappées par une voiture ou gagner à la loterie que cela n’aurait pas eu plus de lien avec l’injection du vaccin.

Pour finir, les antivaccins ont beaucoup fait circuler une nouvelle concernant la mort d’une jeune femme tout de suite après avoir reçu le vaccin contre le VPH. Or, le légiste a confirmé qu’elle était en fait décédée en raison d’une surdose d’antihistaminiques.

Par ailleurs, en marge de la campagne de peur menée par les antivaccins, on peut s’interroger sur la pertinence de la vaccination massive et le risque d’effets secondaires.

Les vaccins constituent un rempart contre des maladies mortelles et ne sont jamais sans risque. Or, le VPH n’est pas mortel, il cause une maladie (le cancer) qui, par ailleurs, peut être dépistée.

Il est important de bien comprendre les risques et les enjeux liés à la vaccination pour le VPH, mais les mythes entretenus par les antivaccins ne sont pas des arguments valables.

Il est inutile de vacciner contre des maladies qui n’existent plus.

Oui, à condition qu’elles n’existent plus du tout. En attendant, les antivaccins qui décident de priver leurs enfants d’une protection contre certaines maladies que la vaccination est presque parvenue à éradiquer mettent non seulement leurs enfants en danger, mais ils sont à la source d’un problème de santé publique important.

Ce refus obstiné des vaccins, lui, peut provoquer la mort. Et ça, c’est prouvé.

La polio a tué des centaines de milliers de personnes au siècle précédent seulement. La diphtérie est encore bien présente au tiers-monde et elle est mortelle.

Tout traitement doit être administré en prenant en compte le rapport bénéfice-risque. Les campagnes de vaccination infantiles prennent en compte ces données, les produits administrés comportent donc des risques infimes, mais le bienfait d’être protégé contre les maladies mortelles pèse beaucoup plus lourd la balance.

Les maladies infantiles rendent plus fort.

Si on y survit, oui! Les maladies que les vaccins ont permis de faire presque entièrement disparaître n’étaient pas bénignes.

Les antivaccins opposent le risque de la vaccination à celui de ne pas s’en prévaloir. Ils ont la chance de vivre dans un pays où la vaste majorité des enfants est immunisée contre les principales maladies concernées, ce qui réduit considérablement les chances de les contracter, d’en souffrir, et peut-être d’en mourir.

Or, le risque de mourir ou d’avoir d’importantes complications en raison d’un vaccin, s’il existe, est infime.

Combattre les dogmes de la médecine ou la domination du «Big Pharma» est une chose. Aller à l’encontre de la science en employant des arguments fallacieux, c’en est une autre.

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David Desjardins
Contributeur fréquent à L'Actualité, à Vélo Mag et à Entrée Principale à Radio-Canada, David Desjardins est le rédacteur en chef de NotreSanté.ca