Fibromyalgie : hantés par la douleur

 

Il a fallu du temps pour que la fibromyalgie soit reconnue comme une véritable pathologie. Tour d’horizon d’une maladie à l’identité fuyante qui fait mal. Très mal.

Pour certains, la douleur est intolérable. Pour d’autres, elle est diffuse, mais revient sans cesse harceler le corps. Des articulations, des muscles et des tendons émane une pénible sensation qui irradie autour. On dirait des brûlures. Elles se manifestent en alternance, généralement aux mêmes endroits chaque fois. Et elles s’accompagnent souvent de fatigue, de troubles du sommeil et d’épisodes dépressifs.

Pas étonnant : ceux qui présentent ces symptômes – qui sont ceux de la fibromyalgie – se sentent souvent prisonniers de leur corps. Un corps devenu son propre bourreau.

D’où ça vient?

On ignore la cause précise de la maladie. On croit cependant qu’il s’agit d’un trouble du système nerveux central. Cela opérerait comme si les récepteurs nerveux étaient court-circuités, et qu’ils transmettaient des informations erronées, provoquant une sensation douloureuse, sans qu’il existe de cause externe pour l’expliquer. La sensation, sans le stimulus.

Est-ce dans la tête?

On a longtemps cru que les personnes atteintes de fibromyalgie étaient en fait en proie à un trouble psychiatrique. Il existe cependant un consensus scientifique concernant l’existence bien réelle de la maladie. Celle-ci est l’objet de nombreuses recherches afin de trouver un marqueur biologique fiable qui permette de l’identifier clairement.

Peut-on en faire un diagnostic?

Comme on le disait, il n’existe pas de marqueurs biologiques précis liés à la fibromyalgie. Cela signifie qu’il faut y aller par élimination pour statuer sur un cas. Car les symptômes décrits plus haut correspondent à ceux d’autres maladies. Certaines peuvent d’ailleurs être concomitantes, c’est-à-dire qu’on peut souffrir d’autre chose qui ressemble à la fibromyalgie, ou qui évolue en parallèle. Le processus de diagnostic peut donc être long et pénible.

Par ailleurs, il existe plusieurs points de pression précis, récurrents, qui peuvent accélérer le dénouement. On les compte au nombre de 18. Si 11 d’entre eux sont douloureux, on peut déjà commencer à explorer très sérieusement la piste de la fibromyalgie.

Qui est atteint?

Majoritairement, ce sont des femmes qui sont touchées. Principalement entre 40 et 65 ans. Mais dans une minorité de cas, les patients peuvent être de l’autre sexe, et plus jeunes. Certaines personnes en souffrent dès l’adolescence.

Ça se soigne?

Il s’agit d’une maladie chronique : on n’en guérit pas. On peut cependant atténuer la douleur.

Certains pratiquent la sophrologie, un mélange de relaxation et de méditation qui permet d’apprendre à composer avec la douleur.

La prise d’antalgiques est aussi fréquente, parfois nécessaire. Mais ce qui semble fonctionner le mieux est l’activité physique. Comme pour les maladies arthritiques, conserver les muscles, les tendons et les articulations actifs semble atténuer la douleur. Les personnes atteintes doivent donc trouver des activités qui leur plaisent et les poursuivre de manière régulière afin de réduire les effets de ce mal qui les hante.

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