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Hépatite: les traitements s’améliorent

Les différentes formes d’hépatite se soignent de mieux en mieux. Y compris la plus virulente, l’hépatite C, une ITSS dont le traitement bénéficie de récentes avancées qui ont considérablement amélioré la qualité de vie des patients. Mais elles ne sont pas pour autant dénuées de toute conséquence sur la santé générale. Sans parler de la santé publique, pour laquelle l’hépatite représente un fardeau financier considérable.

Il existe trois formes d’hépatite : la A, la B et la C. Dans chaque cas, il s’agit d’une inflammation du foie, cependant provoquée par des virus différents. Aussi, les conséquences, selon le type de virus, diffèrent largement.

Les moyens de contracter la maladie changent eux aussi : la A peut être contractée en buvant de l’eau ou en mangeant de la nourriture qui n’a pas été cuite lors d’un voyage dans un pays où le virus est présent, de même que par la salive. Elle est toutefois beaucoup moins dommageable que la B et la C qui, elles, se transmettent par le sang et par voie sexuelle (comme les autres ITSS).

Plus facile à attraper, l’hépatite A se résorbe généralement d’elle-même. Il n’y a pas de porteurs chroniques et la personne infectée est ensuite immunisée à vie.

Ce n’est pas le cas pour les deux autres formes d’hépatite, dont la pire est la C, qui a longtemps constitué une condamnation à vie, et donc à la dégradation progressive du foie, à moins de parvenir à la traiter avec des médicaments qui avaient des effets secondaires parfois dévastateurs.

De récentes découvertes ont toutefois changé la vie des porteurs de cette maladie.

Nouveaux traitements

Si l’hépatite B est moins grave et qu’elle se traite plus facilement, il n’en reste pas moins que ceux qui la contractent peuvent en devenir des porteurs chroniques (20 % d’entre eux) et subissent des traitements plus complexes.

Mais une fois guéris, les individus ayant subi la seconde forme du virus sont protégés à vie. Et disons-le, leur situation a toujours été moins dramatique que celle des malades qui ont la malchance de tomber sur la troisième version de cette maladie.

De celle-ci, on ne sera jamais protégé, même une fois guéri. Et s’il arrive que le corps parvienne à la chasser sans traitement au bout de quelques mois, il s’agit là d’une exception.

Heureusement, une série de solutions appelées antiviraux à action directe sont venues remplacer les anciens traitements comme l’interféron, qui avait de graves effets secondaires tels que la dépression et des douleurs musculaires importantes, semblables à celles qui nous affligent quand on souffre d’une grippe carabinée. Ces douleurs pouvaient s’échelonner sur 6 à 12 mois. Les troubles de l’humeur, quant à eux, forçaient souvent la prise d’antidépresseurs. L’autre traitement, la ribavirine, diminuait le taux de globules blancs, ce qui est loin d’être idéal lorsqu’on combat une infection.

Les nouveaux médicaments sont donc venus changer la vie des porteurs, qui peuvent désormais être guéris en huit semaines, sans avoir à subir d’effets secondaires majeurs. Mais s’ils sont protégés d’une récidive, rien ne les met à l’abri d’attraper la maladie à nouveau par une autre souche.

Prévention et surveillance

Les hépatites sont des maladies sous surveillance car leur traitement est extrêmement onéreux : il atteint les dizaines de milliers de dollars par patient.

Les deux premières formes peuvent d’ailleurs être prévenues facilement grâce à des vaccins. Quant à l’hépatite C, on ne peut l’esquiver qu’en employant les mêmes précautions que pour toutes les autres ITSS : éviter l’utilisation de matériel d’injection usagé et avoir des relations sexuelles protégées.Il s’agit aussi d’une maladie à déclaration obligatoire, c’est-à-dire que chaque cas découvert sera répertorié afin de pouvoir retracer, par exemple, des dons de sang ou de cellules souches.

Malgré la surveillance, et vu le type de population à risque (principalement des usagers de drogues par intraveineuse), on considère que les trois quarts des gens qui sont porteurs l’ignorent.

Le 28 juillet 2016 est la journée mondiale contre l’hépatite.

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David Desjardins
Contributeur fréquent à L'Actualité, à Vélo Mag et à Entrée Principale à Radio-Canada, David Desjardins est le rédacteur en chef de NotreSanté.ca