Jouer à Pokémon GO est-il bon pour la santé?

L’été a été chamboulé par plusieurs événements. Les Jeux olympiques. La multiplication des attentats terroristes dans le monde. Et le raz-de-marée provoqué par Pokémon GO, un jeu de réalité augmentée dont on prétend qu’il serait même bénéfique pour la santé.

Téléchargé des dizaines de millions de fois, le jeu Pokémon GO a défrayé la manchette et bousculé les habitudes de grands pans de la population, à commencer par les plus jeunes qui regardent maintenant le monde à travers l’écran de leur téléphone portable pour y trouver des bestioles virtuelles et les attraper.

Il n’est plus rare, sinon désormais trop commun, de voir des jeunes gens avancer dans des parcs, des rues et des allées le nez rivé à leur appareil qu’ils tendent devant eux pour essayer d’apercevoir le monstre convoité.

Cela a l’heur de plaire à certains parents qui désespéraient de trouver des moyens de faire jouer leurs enfants dehors. Et de nombreux jeunes adultes exultent en prétendant qu’ils marchent dorénavant des kilomètres alors qu’ils étaient autrefois sédentaires.

Mais cela fait-il de Pokémon GO un jeu bon pour la santé?

Les enthousiastes

Selon le doctorant en sciences infirmières et assistant-professeur au A&M College du Texas, Matt Hoffman, jouer à Pokémon GO comporte de multiples vertus pour la santé.

Selon lui, non seulement cela fait marcher les joueurs – jusqu’à 10 km par jour pour certains –, mais il s’agirait aussi d’un nouvel outil de socialisation. «Je suis entré en contact avec plusieurs membres de ma communauté en jouant, dit cet adorateur de Pikachu. Je me suis fait des amis, et j’ai même appris à mieux découvrir les quartiers autour de chez moi. En plus, sans conteste, je fais plus d’exercice qu’auparavant», a-t-il déclaré au magazine en ligne Science Daily.

Celui que ses confrères surnomment le Poképrof met cependant en garde les joueurs contre les périls encourus dans leur chasse aux mutants imaginaires qui ont dopé la valeur des actions de Nintendo au cours de l’été – avant qu’elle ne replonge. Il leur conseille de toujours regarder devant eux, de ne pas jouer en conduisant, d’éviter les lieux isolés la nuit…

D’autres vont dans le même sens et partagent cet enthousiasme mâtiné de sens commun. Par exemple, la médecin généraliste et chroniqueuse Margaret McCartney applaudit la réappropriation de l’espace public par des jeunes qui sortent, marchent, se rencontrent.

Données anecdotiques, et non scientifiques

Mais d’autres experts en santé publique clament que, malgré ses bénéfices et les plaisantes histoires qui alimentent ses défenseurs, le jeu est loin d’être aussi bénéfique qu’il y paraît, et qu’on semble assister au même engouement provisoire qu’avait suscité la console Wii.

Il faudra voir si, dans la durée, une fois l’effet de mode passé, Pokémon GO aura un réel impact sur la santé des joueurs qui se comptent par millions. Aucune étude scientifique sérieuse n’a été menée à ce jour.

Selon des experts en santé publique, la technologie peut devenir un incitatif à bouger, grâce entre autres à la ludification (gamification). De même, les bénéfices en santé mentale de la socialisation que provoque le jeu sont indéniables. Mais ils demeurent anecdotiques pour le moment. C’est la recherche et le temps qui diront si nous avions raison de nous emballer. Ou si, dans quelques semaines, tous ces gens seront sagement retournés à la maison, seuls, assis sur le divan, le nez collé à leur écran

 

 

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