La cuisine au quotidien, selon Alexandra Diaz

C’est la rentrée. Et avec celle-ci, le retour des horaires un peu dingues. Entre le travail, les corvées et les enfants, le temps manque souvent pour faire à manger. Heureusement, il existe quelques trucs, et surtout un état d’esprit qui permettent d’intégrer la cuisine à son quotidien sans que ce soit trop éprouvant.

Animatrice de Cuisine futée, parents pressés, Alexandra Diaz est l’exemple parfait de ces gens qui ont un agenda qui déborde, des enfants actifs, et le désir de manger convenablement. Il n’est donc pas étonnant que l’émission dont elle partage la vedette avec la nutritionniste Geneviève O’Gleman soit si populaire. Même chose pour leurs livres de recettes qui sont le prolongement de l’idéologie qui aiguille depuis le début leur collaboration télévisuelle : simplifier la vie en simplifiant les recettes. Et manger mieux, à bas prix.

C’est sur ces prémisses que repose le 4e tome de leurs recueils de recettes : admirablement illustré, facile à consulter à l’aide de son index visuel, et surtout rempli de plats qu’on a tous envie de dévorer.

Des principes de base

«Moi, qui suis une tout croche dans la vie, j’ai une alimentation santé, mais sans trop me faire suer, confie Alexandra Diaz. En gros, je fais de bons choix pour la santé 80 % du temps, et le 20 % qui reste, c’est la vie qui prend le dessus. Si je suis en retard, dans le jus, si j’arrive de la pratique de soccer qui a duré plus longtemps que prévu, alors dans ce genre de situation, oui, j’arrête au casse-croûte du coin. Je ne vise pas la perfection. Je vise l’équilibre.»

Alexandra se remémore que, lorsque sa mère rentrait du travail, c’était pour celle-ci le moment le plus agréable de sa journée : retrouver sa «gang». La cuisine faisait partie de ce moment privilégié, culminant lors du repas en famille. Le bonheur de manger ensemble est donc, pour elle, indissociable de l’acte de cuisiner.

Elle énumère d’autres principes qui la guident dans son désir de mieux faire à manger :

Le plaisir. «Il n’est pas négociable. Il faut faire des recettes qui nous séduisent nous-mêmes. Si tu capotes sur les desserts, fais des desserts! Nos recettes cherchent à réduire la quantité de sel, de sucre et de gras dans les repas, mais ce sont d’importants vecteurs de goût. Alors nous remplaçons ces éléments par d’autres ingrédients pour que tout soit délicieux. En employant beaucoup d’épices, par exemple.»

Prendre le temps. «Arrêtez ce que vous faites, et concentrez-vous sur ce que vous mangez. Vous allez en profiter, mais aussi manger moins. Savourer ce qu’on a préparé, prendre du temps pour le déguster avec d’autres, même si c’est un ami, un voisin : ça change notre rapport à la cuisine.»

Mettre les enfants à profit. «Si on a une bonne équipe qui aide à faire des tâches, à débarrasser, à faire la vaisselle, ça enlève beaucoup de pression. Et le moment de partage s’étire alors plus longtemps.»

Connaître ses bases alimentaires. «En gros, ça prend un tiers de protéines, un tiers de glucides et un tiers de fruits et légumes dans une assiette. Cet équilibre-là permet de bien manger, d’avoir le carburant nécessaire et d’éviter d’avoir faim trop rapidement entre les repas.»

Ne pas essayer de devenir ce qu’on n’est pas. «Si on ne fait jamais de plan dans la vie, alors on n’en fait pas pour les repas non plus. Si on tente de se transformer complètement, on va cumuler les échecs. On est fou de pizza? On en mange! On change seulement quelques ingrédients pour la bonifier. On lâche la culpabilité. On se contente de manger frais, de varier les repas, et de mettre un peu de piquant dans la routine pour ne pas s’ennuyer.»

Un geste d’amour

«Il faut comprendre que cuisiner, c’est à la portée de tous», insiste l’animatrice. Le talent? Il est facultatif. «C’est un geste d’amour pour soi, pour les autres. C’est gratifiant d’offrir quelque chose qu’on a fait, de le manger. C’est beau, c’est sensuel… Tu ne peux pas te refuser ça dans la vie!»

Qu’il copie admirablement des recettes de la malbouffe pour les rendre nutritives ou qu’il s’emploie à élargir les horizons des familles qui souhaitent manger moins de viande, le duo Diaz-O’Gleman remporte le pari de la simplicité et du faible coût à chaque recette. Celles-ci sont aussi rapides à préparer.

«Nos recettes, c’est nono, dit-elle le plus sérieusement du monde. On a simplifié au possible.» Mais sans jamais rogner sur le plaisir. Ça non.

Et qu’on dévore ou non leur bouquin, les principes qui en guident la confection devraient nous servir de modèle à toutes et tous. Car ils sont en phase avec la réalité. «De la fraîcheur, de la variété, du plaisir, de l’audace. Une vie où on vise l’harmonie plutôt que la perfection», énumère Alexandra Diaz. Une liste futée pour mener une bonne vie, qu’on soit parent ou pas, pressé ou non.

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