La dépression chez les aînés

La santé mentale des personnes âgées est souvent négligée, ou alors simplement éclipsée par les problèmes physiques. Pourtant, les aînés vivent une période où ils risquent de souffrir de nombreux maux psychologiques. Voici comment les détecter et comment aider celles et ceux qui en sont touchés.

On estime qu’environ 7 % des personnes âgées souffrent de dépression. Cependant, les problèmes de santé mentale de cette tranche de la population sont rarement évoqués dans les médias, pas plus qu’ils ne semblent faire partie des préoccupations des responsables de santé publique.

Peut-être, en partie, parce que la dépression des personnes âgées passe souvent sous le radar. « Même pour un médecin, c’est parfois difficile d’en détecter les signes, constate la psychologue Jeanne Elise Gagnon. Les patients ont plus tendance à se confier sur leurs problèmes physiques, et on peut confondre certains symptômes liés à l’âge ou à d’autres maladies avec ceux de la dépression. »

De nombreux facteurs de risque

On oublie que plusieurs situations sont propices à causer de la détresse psychologique chez les personnes âgées. « La santé mentale est une question d’équilibre, illustre la psychologue. Mais quand on demande à quelqu’un de s’adapter constamment et de composer sans cesse avec un sentiment de perte, ça devient très éprouvant. On est donc plus susceptible d’être déprimé à 80 ans qu’à 30 ans. »

Les deuils se multiplient en effet avec le temps. Décès d’être chers, perte d’autonomie, isolement social… Puis il y a aussi, parfois, les maladies chroniques, qui sont toujours difficiles à vivre.

Comment aider

Que faire si l’état mental d’un parent âgé suscite des craintes? « D’abord, il faut aller le voir et lui parler, insiste la psychologue. Si on constate que la personne a perdu de l’intérêt pour une activité qu’elle aimait, qu’elle tient des propos pessimistes concernant son avenir, qu’elle s’isole ou qu’elle a des troubles du sommeil, il y a lieu de s’inquiéter. »

Puis on engage le dialogue, en précisant à la personne que l’on a observé qu’elle n’allait pas bien et en lui proposant d’aller en parler à un médecin. « Les personnes dépressives ont parfois un plan de suicide très élaboré. Elles ne vont pas le divulguer à leurs proches, évidemment, pour ne pas les inquiéter, alors qu’elles risquent d’aborder la question avec leur médecin. »

Et comment faire pour que le médecin sache ce qui nous préoccupe? « Idéalement, il ne faut pas infantiliser un proche, peu importe son âge, mais on peut lui proposer d’aller exposer nos inquiétudes au médecin en sa présence, puis de se retirer. À moins que le proche souhaite qu’on reste. »

Bref, on ne prend pas ces questions à la légère. La vie, c’est précieux. À tout âge.Kobe AD EP Shoes

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