La dépression estivale

Tout le monde connaît la dépression saisonnière, le plus souvent associée à l’hiver. Mais malgré la ritournelle, pour certains, l’été n’est pas fait pour jouer, mais pour déprimer. Ce n’est pas un caprice. C’est biologique. Et culturel aussi.

Le blues de l’automne, on connaît. Les journées raccourcissent, on sort du bureau et on y entre dans la noirceur. Même chose pour l’hiver : le manque de lumière et divers éléments liés à la saison morte contribuent à la multiplication des épisodes dépressifs, qui se transforment parfois en saison de dépression. Environ 4 à 6 % de la population serait affectée, selon Web MD.

Mais pour certains, c’est l’été qui pose problème.

Chez environ 10 % des individus qui souffrent de dépression saisonnière l’hiver, l’été constitue un autre fardeau, qui provoque manque de sommeil, anxiété, perte d’appétit et donc de poids.

Les experts ne sont pas encore tout à fait certains des causes de cette dépression, mais ont de bonnes raisons de croire qu’une série de facteurs importants entrent en ligne de compte.

L’image, la bouffe, le sport

L’été, les corps se dénudent. Pour plusieurs personnes qui sont mal à l’aise avec leur image corporelle, les journées à la plage et au bord de la piscine peuvent constituer un réel fardeau psychologique.

Plusieurs auront donc recours à des diètes extrêmement restrictives en début de saison. De même, ils verseront dans l’exercice physique à outrance afin de sculpter leur corps.

Mais le déficit calorique et la fatigue engendrée par un excès de sport peuvent avoir un effet délétère sur l’humeur.

Attention, donc : il faut continuer à faire du sport, sans exagérer – parce que c’est bon pour le moral –, et s’alimenter convenablement. Certes, le problème d’image ne sera pas réglé pour autant; consulter un psychologue permettra de s’y attaquer.

Le cycle circadien, le soleil, l’humidité

Une autre des pistes expliquant la dépression estivale est la longueur des journées, la chaleur et l’humidité qui provoquent, chez certains, des changements d’habitudes qui troublent l’humeur.

Dans ces cas, mieux vaut éviter le soleil en plein jour et en profiter le matin ou en fin d’après-midi, demeurant le plus possible dans des endroits frais le jour, alors que la chaleur est à son comble.

Aussi, les journées finissant tard, on aura parfois tendance à se coucher plus tard. Mieux vaut ajuster son sommeil en conséquence, et dormir plus tard, au besoin, quitte à modifier son horaire.

Le fric, la famille, les ennuis

Comme le reste de l’année, l’argent représente une source importante de soucis.

D’autant que les vacances, ça coûte parfois une fortune. Et puis il y a les négociations de garde partagée pour les congés, les changements d’horaires avec la fin des classes et le début des camps de jour… Et puis, au final, on s’en veut d’angoisser alors que le message de société, c’est que l’été, c’est fait pour jouer.

Il faut donc prendre un peu de recul.

D’abord en prévoyant des vacances qu’on peut s’offrir. Le Maine est trop cher? On reste au Québec. Ou on économise et on réserve à l’avance afin de ne pas s’endetter pour les vacances.

Ensuite, mieux vaut ne pas surcharger les horaires d’été. Le reste de l’année est déjà suffisamment éprouvant.

Consulter, dormir, éviter les excès

Sinon, les experts en santé recommandent d’éviter les excès d’alcool (c’est un dépressif), de s’assurer le meilleur sommeil possible, et surtout de consulter un professionnel de la santé si les symptômes dépressifs persistent.

Ce n’est jamais un aveu d’échec de consulter en cas de détresse psychologique. Au contraire. C’est une manière efficace de prendre en main sa santé et d’obtenir des outils éprouvés pour retrouver le bien-être souhaité.

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