La mode du sans gluten et la maladie cœliaque

Vous savez, ce faible pourcentage de la population qu’invoquent les scientifiques et les nutritionnistes chaque fois que quelqu’un désigne le gluten comme étant l’ennemi public? Eh bien ce sont eux : ils souffrent de la maladie cœliaque.

Tandis que le débat sur le gluten s’intensifie entre ses détracteurs – qui avancent qu’il est la source de nombreux maux – et les scientifiques – qui réfutent ces allégations –, on oublie de parler de ceux qui souffrent sans conteste lorsqu’ils absorbent cette protéine.

Sans doute est-ce parce que la maladie cœliaque n’affecte que 1 % de la population. Ce que les scientifiques répètent constamment afin de limiter la psychose antigluten.

Reste qu’environ 70 000 Québécois en souffrent, souvent sans même le savoir.

Identifier la maladie cœliaque

De manière simple, on peut imager la maladie cœliaque comme un rejet, une puissante allergie : le corps des personnes affectées est gravement intolérant au gluten, présent dans une multitude de céréales (dont le blé, l’orge, le seigle, le kamut – l’avoine n’en contient pas, mais est souvent en contact avec des céréales qui provoquent une forme de contamination croisée). Cette protéine endommage l’intestin grêle et empêche l’absorption d’une multitude de nutriments. Cela provoque des douleurs, de l’inconfort, et à moyen et long termes, des carences vitaminiques.

L’ennui, c’est qu’il est plutôt difficile d’identifier des symptômes qu’on peut lier directement à la maladie. Certaines personnes prendront du poids. Pour d’autres, la maladie aura l’effet inverse. Diarrhées, douleurs abdominales sont courantes. Mais elles ne peuvent à elles seules permettre de pointer vers la maladie.

Un régime sans gluten peut être tenté afin d’en vérifier les effets bénéfiques, mais il faut faire une biopsie et une prise de sang pour avoir la certitude qu’il s’agit bel et bien de maladie cœliaque.

Enfin, c’est un problème de santé héréditaire. Si un membre de votre famille en souffre, vous avez plus de risques d’être affecté vous aussi.

Une aide inattendue

Les scientifiques et les nutritionnistes insistent : un très faible pourcentage de la population est affecté par la présence de gluten dans les aliments.

La mode du sans gluten est cependant une véritable bénédiction pour les personnes atteintes de la maladie cœliaque. Alors qu’il y a quelques années seulement, il était passablement complexe pour elles de se nourrir en dehors de chez elles ou d’obtenir des aliments alternatifs (comme du pain sans gluten), de nombreuses compagnies ont pris le train et proposent désormais de vastes gammes de produits. Même de la bière.

Des restaurants ont emboîté le pas. Et les applications pour les «sans gluten» ne se comptent plus tellement elles sont nombreuses. Vous planifiez un voyage et cherchez des restaurants qui conviendront, des épiceries qui tiennent des produits pour vous? Une myriade d’applis vous indiqueront les bonnes adresses à connaître dans la ville visitée.

La psychose antigluten aura donc bien servi les personnes qui souffrent réellement.

Pour tout savoir

Enfin, la Fondation québécoise de la maladie cœliaque entretient un site Web très complet. On peut y approfondir ses connaissances sur la maladie, y apprendre à vivre avec celle-ci, et c’est aussi une ressource utile pour toute personne qui reçoit un ami «cœliaque» pour un repas et veut savoir quels aliments éviter.

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