Teenager Depressed Sitting Inside A Dirty Tunnel

La santé mentale et les jeunes

Surveiller sa santé, on sait le faire. On s’alimente de manière équilibrée, on bouge le plus souvent possible, on consulte son médecin une fois l’an, et hop. Mais la santé mentale, comment s’assure-t-on de la maintenir à flot ?

L’enjeu est d’autant plus important pour une jeune génération dont on constate qu’elle souffre d’anxiété et d’une multitude de problèmes de santé psychologiques qui vont de la piètre estime de soi à la dépression.

Surveiller sa santé, on sait le faire. On s’alimente de manière équilibrée, on bouge le plus souvent possible, on consulte son médecin une fois l’an, et hop. Mais la santé mentale, comment s’assure-t-on de la maintenir à flot?

L’enjeu est d’autant plus important pour une jeune génération dont on constate qu’elle souffre d’anxiété et d’une multitude de problèmes de santé psychologiques qui vont de la piètre estime de soi à la dépression.

Le psychologue Marc-André Dufour explique comment promouvoir de saines habitudes de santé mentale.

Pour la plupart d’entre nous, surveiller sa santé mentale, c’est un peu flou. À quoi ça peut ressembler?

D’abord, il faut comprendre que la santé mentale, c’est plus que l’absence de troubles mentaux. C’est donc qu’il y a des choses à faire pour maintenir ou pour améliorer son état. L’Organisation Mondiale de la Santé précise qu’il n’y a pas de santé sans santé mentale, c’est donc primordial.

Ensuite, dans un registre personnel, il faut mettre l’emphase sur des facteurs de protection qui permettent de mieux composer avec les problèmes du quotidien. C’est le cas pour tout le monde, y compris les adultes. Mais ce sont des habitudes qui, adoptées dès l’enfance ou l’adolescence, permettent de traverser plus sereinement les épreuves.

Qu’entendez-vous par facteurs de protection?

C’est le contraire des facteurs de risque, en quelque sorte. Ce sont des éléments qui, si on les cultive, nous permettent de mieux négocier avec tous les scénarios que recèlent notre existence et nous rendent plus aptes à fonctionner en société.

Avez-vous des exemples?

Bien sûr. Il faut une connaissance de soi, et de l’empathie. Savoir accueillir, identifier, gérer et communiquer les émotions, entretenir des relations saines, accepter sa vulnérabilité et avoir le courage et l’humilité de demander de l’aide lorsque c’est nécessaire. Il y a aussi l’implication dans un projet, un travail, des relations ou quoi que ce soit qui nous valorise et nous tient à cœur. C’est également essentiel de prendre des temps d’arrêt pour respirer profondément en se demandant sincèrement comment nous allons : est-ce que je dors moins bien depuis quelques temps? Suis-je plus anxieux, plus irritable ou démotivé? Est-ce que je m’isole davantage et ne m’intéresse plus vraiment aux autres? Est-ce que je néglige de faire des activités ou de voir des personnes qui me faisaient pourtant du bien? Et enfin, qu’est-ce que je peux faire dès maintenant pour me sentir un peu mieux?

Ça semble simple, non?

Pas tant que ça. Les contacts authentiques avec les autres, par exemple, ne sont pas toujours évidents. Les jeunes apprennent vite à porter un masque qui leur donne parfois l’impression dans l’immédiat de plaire davantage ou d’avoir plus d’attention. Et les réseaux sociaux sont des amplificateurs et des outils pour mettre en scène le personnage qu’on crée, et dont on finit par croire qu’il est vraiment nous.

S’il fallait commencer par quelques idées simples pour guider notre marche vers une meilleure santé mentale, vous choisiriez quoi?

La bienveillance envers soi-même et les autres. La capacité de se remettre en question, et de se faire critiquer. Il faut muscler la conscience de soi, réfléchir à ce qui nous fait peur, et pourquoi. Il faut songer aux raisons pour lesquelles on n’aime pas une personne, par exemple. Ce n’est jamais aussi simple qu’on croit d’abord. Il faut se mettre à la place des autres aussi, et tenter de les comprendre.

Et il faut expliquer aux jeunes ces notions-là. Je souhaite qu’un jour la santé mentale devienne une priorité individuelle et collective puisqu’elle concerne nos regards sur nous-même, sur les autres et sur la vie. Les jeunes n’ont plus de cours de catéchèse avec de belles paraboles pour exposer ces principes clairement. Trouvons des exemples qui les éclairent.

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David Desjardins
Contributeur fréquent à L'Actualité, à Vélo Mag et à Entrée Principale à Radio-Canada, David Desjardins est le rédacteur en chef de NotreSanté.ca