Young woman wear with with VR device and finger touch in air

La santé mentale par le virtuel 

De plus en plus d’observateurs voient dans la réalité virtuelle une solution de remplacement aux traitements médicamenteux afin de soigner les maladies mentales les moins sévères. Mais encore faudra-t-il s’assurer de son efficacité.

De plus en plus d’observateurs voient dans la réalité virtuelle une solution de remplacement aux traitements médicamenteux afin de soigner les maladies mentales les moins sévères. Mais encore faudra-t-il s’assurer de son efficacité.

La santé mentale est un problème sociétal important. En plus de son coût humain, elle exerce une pression importante sur le système de santé.

La plupart d’entre nous souffrent de stress et d’anxiété à divers degrés. En 2014, le Canada était le troisième pays du monde (après l’Islande et l’Australie) où l’on consommait le plus d’antidépresseurs. En 10 ans, le nombre de jeunes Canadiens de 18 ans et moins qui en consomment a augmenté de 65 %.

Soigner autrement

De plus en plus de médecins et de spécialistes de la santé mentale sonnent l’alarme, prévenant qu’on a peut-être sur les bras une véritable épidémie de maladie mentale. Et surtout : que les médicaments ne régleront pas tout. D’autant plus que les thérapies cognitivo-comportementales semblent très bien fonctionner.

Dans ce registre, la réalité virtuelle pourrait représenter une avancée de taille. Devenue très abordable, cette technologie immersive donnera sans doute naissance à une multitude d’applications psychologiques dont pourront se servir les thérapeutes.

Ils l’utilisent déjà pour soigner la phobie de l’avion. De même que le stress post-traumatique chez les militaires.

Le gouvernement canadien a d’ailleurs fait l’acquisition d’un logiciel d’avant-garde en la matière. Bravemind est un système interactif et immersif qui permet aux soldats souffrant de stress post-traumatique de replonger dans le théâtre des opérations et d’y affronter leurs démons. Le système est particulièrement efficace lorsqu’il est doublé d’une thérapie traditionnelle, surtout chez les sujets les plus récalcitrants.

Prévention en RV

Déjà, des applications en tous genres apparaissent sur le marché. Celles qui relèvent du traitement psychologique devront évidemment être analysées par les autorités compétentes afin d’assurer qu’elles sont sécuritaires et profitables – on ne soigne pas une phobie sociale comme on cesse de fumer à l’aide d’une application. Mais pour réduire les ennuis du quotidien, comme le stress, une panoplie de produits s’offre déjà aux détenteurs d’un système de réalité virtuelle maison.

La clé pour réduire les coûts de santé et impliquer les patients dans leur guérison réside-t-elle dans la création de logiciels efficaces et autonomes en réalité virtuelle? C’est encore difficile à dire.

Mais il est certain que certaines applications préventives sont d’une grande aide. Ne serait-ce que pour réduire le stress, lui-même considéré comme une importante cause de nombreux problèmes de santé. On pense par exemple à Guided Meditation VR, qui permet de se détendre totalement en se coupant du monde pour évoluer dans un univers apaisant.

Que les thérapeutes le veuillent ou non, le monde de la santé mentale fait son entrée dans un nouvel univers. Une réalité qui n’est pas du tout virtuelle, puisque l’industrie des technos l’a bel et bien investie. Et ce n’est qu’un début.

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David Desjardins
Contributeur fréquent à L'Actualité, à Vélo Mag et à Entrée Principale à Radio-Canada, David Desjardins est le rédacteur en chef de NotreSanté.ca