La science du yoga

Le 21 juin est la Journée internationale du yoga. Cette pratique d’éveil spirituel par des postures physiques parfois exigeantes connaît une popularité croissante, en partie grâce aux nombreux bénéfices que récoltent ses adeptes. Mais tout n’est pas non plus parfait dans le monde du yoga, où les mythes, l’incompétence et la témérité peuvent causer plus de mal que de bien.

Voici donc ce que nous disent les recherches les plus récentes et probantes à propos du yoga.

Il pourrait remplacer le Viagra

Comme la méditation, le yoga permet d’évacuer le stress en imposant à l’esprit de se concentrer sur la respiration. Selon un nombre croissant d’études, il permet aussi d’améliorer la pression sanguine. Mais plus encore, dans un ouvrage très critique des mythes associés au yoga, le journaliste du New York Times William J. Broad rapporte que sa pratique régulière pourrait augmenter la testostérone des hommes de 30 %. Assez, peut-être, pour laisser les petits cachets bleus dans leur emballage.

Il ne permet pas de brûler les calories comme la course mais contribue au contrôle du poids

Plusieurs yogis prétendent que leurs cours sont si exigeants qu’ils permettent de brûler une quantité phénoménale de calories. La preuve, selon eux : leur cœur bat très vite. Sauf que c’est surtout – particulièrement dans le cas du yoga chaud – pour réguler la température du corps que le cœur bat si vite. Et les données sur l’amélioration du VO2max par le yoga sont loin d’être aussi réjouissantes que ce que ses praticiens et défenseurs aiment affirmer (environ 7 %, contre 50 % pour la course à pied).

Malgré cela, le yoga contribue à recentrer le corps et l’esprit. Une union célébrée dans le moment présent, ce qui permet de prendre conscience des signes de satiété, par exemple, en plus de contribuer à une prise de conscience générale de son corps qui contribue à des changements d’habitudes alimentaires.

Il combat la dépression

Les études qui tendent à démontrer que la pratique du yoga a un effet bénéfique sur l’humeur et la santé mentale générale se multiplient au fil des ans. L’an dernier, le psychiatre canadien Arun Ravindran a mené une expérience auprès de ses patients dépressifs, comparant les effets de huit semaines de yoga à une thérapie conventionnelle de même durée. Les résultats en faveur du yoga se sont révélés bien au-delà de ses attentes. Sans compter que ses patients ont adopté la pratique avec enthousiasme.

D’ailleurs, une étude dont les résultats ont été publiés dans le plus récent numéro du Journal of Health Psychology affirme que si la plupart des amateurs de yoga s’y mettent pour le côté «activité physique», ils poursuivent leur pratique pour ses bienfaits spirituels.

La chose peut paraître surprenante lorsqu’on constate à quel point l’Occident s’est emparé du yoga pour en faire un produit sportif en phase avec l’esprit de compétition de nos sociétés. Mais il appert que les nombreux bénéfices mentaux que les adeptes de yoga retirent de leur pratique surpassent de loin le volet spectaculaire des postures les plus difficiles. Ces dernières sont d’ailleurs à proscrire la plupart du temps.

Il est dangereux

Enfin, ça dépend. La plupart du temps, et si on est prudent, les dangers sont minimes. Reste qu’une posture mal exécutée, ou la tentative de pousser ses limites sans encadrement adéquat constitue un important risque de blessure. Surtout si on met à mal sa colonne vertébrale en tordant le dos, le cou, ou en se plaçant sur la tête.

Malheureusement, l’enseignement du yoga est l’affaire de nombreux incompétents qui n’ont pas les aptitudes ni la formation nécessaires afin d’assurer une pratique sécuritaire aux participants. Écoutez votre corps. Allez-y par étapes. Et surtout, choisissez un studio établi dont les professeurs ont suivi une formation complète.

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