Insomnia

L’apnée du sommeil : un mal trop commun

Même si, pour encore plusieurs médecins qui n’en font pas une spécialité, le surpoids est considéré comme la principale cause d’apnée du sommeil, les experts en la matière soutiennent que bien d’autres explications entrent en ligne de compte, et qu’on élimine trop de facteurs de risque si on ne s’en tient qu’au poids.

Même si, pour encore plusieurs médecins qui n’en font pas une spécialité, le surpoids est considéré comme la principale cause d’apnée du sommeil, les experts en la matière soutiennent que bien d’autres explications entrent en ligne de compte, et qu’on élimine trop de facteurs de risque si on ne s’en tient qu’au poids.

Premier article d’une série de trois sur ce mal qui sévit lorsqu’on dort. Ou enfin, pendant qu’on essaie, et qui affecte une personne sur six.

Il existe plusieurs formes d’apnée du sommeil. La centrale, la complexe, l’hypoventilation du sommeil.

« La plus commune, c’est l’obstructive, qui se caractérise par l’obstruction des voies respiratoires pendant la nuit », décrit Josée Bergeron. Elle est inhalothérapeute, spécialisée en apnée du sommeil. « Au moment où la personne affectée atteint un stade de sommeil plus profond, les voies respiratoires s’affaissent, et elle cesse de respirer. »

La réaction est instantanée. Décharge d’adrénaline qui tonifie les muscles, augmente le rythme cardiaque, et provoque un micro-éveil. À chaque épisode, la personne revient à un niveau de sommeil plus léger, donc moins réparateur. « Ça peut se produire de 50 à 60 fois l’heure », dit l’experte.

La fatigue comme indicateur

Forcément, on sera alors très fatigué pendant la journée. « Mais le surpoids, comme cause, ce n’est que la pointe de l’iceberg », soutient l’inhalothérapeute, avouant que les personnes qui souffrent d’embonpoint ne constituent plus la majorité de sa clientèle. « Moi-même, confie-t-elle, j’ai subi une chirurgie bariatrique, j’ai perdu 170 livres, et je fais plus d’apnée qu’avant. »

Josée Bergeron désigne la morphologie du visage comme principale cause, pointant du doigt les profils au menton fuyant. « Le dépistage est difficile, parce que plusieurs médecins concluent que s’il n’y a pas d’obésité, alors ce n’est pas de l’apnée. Mais il y a encore d’autres causes que celle de la forme du visage. Comme des voix respiratoires plus petites, des polypes dans le nez… »

« La principale manière de se rendre compte qu’on en souffre, c’est sûrement la fatigue », insiste-t-elle. On est somnolent pendant le jour, on se réveille en sueurs au milieu de la nuit, la libido baisse, on est irritable pendant la journée…

Alors, il est peut-être temps d’en parler à son médecin, et de réclamer des tests plus poussés, qui peuvent se faire à la maison, histoire d’en avoir le cœur net.

 

À lire :

Partie 2 : Les dangers liés à l’apnée du sommeil

Partie 3 : Du diagnostic au traitement

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David Desjardins
Contributeur fréquent à L'Actualité, à Vélo Mag et à Entrée Principale à Radio-Canada, David Desjardins est le rédacteur en chef de NotreSanté.ca