Le nouveau Guide alimentaire résumé

Envie de mieux comprendre le nouveau Guide alimentaire canadien? On vous explique de quoi il en retourne. Et pourquoi les nutritionnistes applaudissent son avènement.

La science l’emporte sur l’industrie

Ça fait un moment que les nutritionnistes se plaignent du décalage entre le Guide alimentaire canadien et les découvertes scientifiques en matière d’alimentation.

Pourquoi? Parce qu’on sait, par exemple, que tous les glucides ne sont pas égaux en qualité. Du pain blanc industriel n’est pas aussi nutritif que du pain de blé entier fait à la boulangerie. Les aliments transformés sont aussi moins bons pour nous : trop sucrés, trop salés. Même s’ils comprennent leur lot de légumes. La viande, on le sait également, est trop consommée, ce qui est nuisible à la santé cardiovasculaire. Et le lait, s’il a de nombreuses vertus, est loin d’être l’unique source liquide possible de protéines ou de calcium.

L’ancien Guide ne faisait aucune de ces distinctions.

Le nouveau, lui, répond presque parfaitement aux souhaits des professionnels, aussi en ce qui concerne la fin de la prescription des portions, la mise en valeur de l’eau comme principale boisson à consommer (plutôt que les jus ou le lait) et la prédominance des végétaux, même comme source de protéines. Car si la viande n’est pas mise de côté, elle est désormais détrônée par les légumineuses, le tofu et les noix comme source privilégiée de ce macronutriment.

Ce qui, bien évidemment, ne ravit pas une seconde les industries alimentaires concernées (producteurs laitiers ou de viande rouge), déjà éprouvées par le plus récent accord de libre-échange avec les États-Unis. Mais apparemment, la santé publique n’est plus nécessairement soluble dans le commerce. Les lobbys qui pesaient autrefois de tout leur poids sur les auteurs du Guide n’ont donc plus leur place. C’est la science de la nutrition qui triomphe.

Des balises plutôt qu’une marche à suivre : confusion à prévoir

Dans le nouveau Guide, on ne dit plus combien de fruits manger chaque jour. Le concept de portions fait place à un modèle de base plus intuitif.

Ainsi, le Guide propose que chaque repas soit idéalement composé à moitié de fruits et légumes, au quart de sources de protéines, puis d’un autre quart de grains entiers (riz brun, quinoa, etc.).

Il y aura sans doute une bonne période d’adaptation, et pour être bien compris, ce nouveau Guide nécessite que la population s’instruise un peu mieux en matière de valeurs alimentaires, de qualité des produits. Heureusement, la loi imposait déjà que les aliments soient munis de fiches nutritionnelles qui permettent de bien saisir leur composition.

Mais on peut s’attendre à ce que la population générale soit un peu confuse devant l’extrême simplicité de cette nouvelle marche à suivre. Le temps le dira.

Un Guide pour changer d’attitude avant de changer d’habitudes

La plus importante nouveauté de ce Guide, c’est sans doute l’accent qu’on y met sur l’importance de cuisiner soi-même, de manger en famille ou avec des amis.

Bref, ce qu’on préconise, c’est de ralentir le rythme et de ne plus considérer l’alimentation comme une obligation dont on se débarrasse le plus rapidement possible. C’est donc à un mode de vie qui encourage des habitudes nocives qu’on s’attaque. Y compris dans le rapport que les gens entretiennent individuellement avec la nourriture. Le Guide propose par exemple de déguster les aliments plutôt que de les engouffrer. Donc de manger en pleine conscience.

Pour celles et ceux qui suivent l’actualité en matière de nutrition depuis quelques années, cette nouvelle mouture ne renferme donc aucune surprise. Elle officialise cependant les positions de la plupart des experts en la matière et ouvre la discussion différemment en nous incitant à nous questionner sur notre relation avec la bouffe.

C’est un très bon début.Womens Footwear Online

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