Le nouvel antibiotique: un miracle?

Les bactéries sont parmi les organismes vivants les plus résilients.

C’est à dire qu’on a beau tout faire pour les éradiquer, elles démontrent une stupéfiante capacité à s’adapter aux conditions hostiles. Par exemple : lorsqu’elles sont soumises des traitements antibiotiques.

Cela explique en partie la résistance croissante à ces mêmes antibiotiques, ce qui représente un défi énorme pour la médecine. Aussi, la découverte du Teixobactin pourrait bien représenter un bond énorme, puisqu’il s’agit de la première découverte d’un nouvel antibiotique depuis les années 1980, époque à laquelle les chercheurs se sont surtout employés à synthétiser des molécules plutôt que d’en chercher de nouvelles dans la nature, sans grand succès.

La pénicilline, premier antibiotique reconnu, a été découverte par Alexander Flemming en 1929. Elle provient d’un champignon, donc d’une moisissure.

Les molécules naturelles, depuis, s’avèrent les plus efficaces. Mais il est extrêmement difficile de reproduire les conditions nécessaires pour en découvrir de nouvelles.

Nouvel antibiotique

Des chercheurs ont donc conçu de minuscules chambres de diffusion, isolant des microorganismes, placées sous terre, afin d’y cultiver les bactéries qui s’y développent. Ce sont là des conditions idéales, comme dans la nature, impossibles à reproduire jusqu’alors.

C’est ainsi qu’on a découvert le Teixobactin qui, apparemment, serait très efficace avec des bactéries qui ont développé une importante résistances au antibiotiques, comme le C Difficile, le staphylocoque doré et la tuberculose.

On ignore encore l’efficacité de l’antibiotique sur les humains. Mais c’est la méthode qui est porteuse d’espoir, puisqu’elle permet d’accélérer considérablement une recherche qui, de l’avis de spécialistes, n’est souvent pas la plus rentable pour les pharmaceutiques.

Comme on prévoit que, d’ici 2050, il pourrait y avoir 10 millions de morts par an en raison de la résistance aux antibiotiques, voilà une excellente nouvelle.

Mais attention, la bataille n’est pas gagnée. Et nous sommes condamnés à « pelleter le problème par avant », parce que les bactéries sont encore les plus efficaces et peuvent toujours muter pour contrer les effets des antibiotiques.

Heureusement, il y a aussi d’autres champs de recherche qui tentent de briser cette supériorité, dont une nouvelle manière d’étudier la paroi des bactéries afin de mieux comprendre comment elles se transforment.

Faire sa part

Reste que nous sommes aussi en partie responsable de cette situation. Parce que le comportement désinvolte face à la prise des antibiotiques contribue à la résistance.

On entend par là un non-respect de la posologie (il faut la compléter, au risque de rendre la bactérie qu’on combat résistante plutôt que de l’éliminer), mais aussi la prise d’antibiotiques pour des maladies virales. Comme des maux d’oreille pour lesquels nous insistons pour recevoir un traitement.

Enfin, on soupçonne de plus en plus les antibiotiques présents dans la nourriture de même que les antibactériens dans les produits ménagers (savons et autres) d’accélérer cette résistance. Faudrait donc, si possible, ne pas les consommer, et ainsi forcer les fabricants à modifier leurs manières de faire.

 

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