Le sommeil : la clé de la réussite scolaire

La mauvaise qualité du sommeil est un problème généralisé. La majorité des Canadiens dort trop peu, et mal. Plus du tiers connaît des difficultés à s’endormir ou à rester assoupi au cours de la nuit. Et il existe désormais quantité d’études qui lient ce manque à une myriade de problèmes de santé majeurs, allant de l’obésité à la dépression.

Mais le sommeil de qualité est aussi – on l’oublie parfois – un important facteur de réussite scolaire chez les adolescents et les jeunes adultes.

Décalage horaire permanent

Alors qu’on surveille de près le sommeil des enfants, on se préoccupe beaucoup moins de celui des adolescents. Parce qu’on a évidemment moins de contrôle sur leurs habitudes, mais aussi parce qu’on a souvent l’impression que leurs interminables nuits de la fin de semaine (qui se concluent juste à temps pour l’heure du lunch, parfois) leur permettent de renflouer leur passif auprès de Morphée, accumulé pendant la semaine.

Or, c’est tout leur cycle circadien qui est ainsi bousculé. Comme si, chaque fin de semaine, on leur faisait traverser le Canada et qu’ils étaient en décalage horaire quasi permanent. Cela a pour conséquence de retarder ou de bloquer la production de plusieurs hormones nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme.

Sans vivre avec la rigueur d’un athlète olympique et se coucher tous les soirs à la même heure, il est primordial de ne pas trop chambouler le rythme des heures d’éveil. Et surtout, de ne pas accumuler de déficit de sommeil trop important au cours de la semaine. Si cela signifie de changer ses habitudes, de cesser de faire du sport en soirée trop souvent, c’est peut-être une avenue qu’il faudra envisager.

Les effets du manque de sommeil

Après 16 heures d’éveil, le cerveau ne parvient plus à résoudre efficacement des problèmes complexes. La mémoire flanche. Les réflexes sont ralentis.

Après avoir fait des essais sur des souris, des scientifiques se sont penchés sur les effets du sommeil sur l’apprentissage chez les humains. À l’aide de stimulation magnétique, ils se sont aperçus que dormir permet au cerveau de réinitialiser le système. Comme votre ordinateur, lorsqu’il fonctionne mal, que vous le redémarrez, et qu’il retrouve ses bases.

Le manque de sommeil provoque une trop grande activité des synapses qui ralentit l’apprentissage.

Il rend aussi irritable, maussade, entraîne une plus grande difficulté à jongler avec les émotions (à un âge où celles-ci sont souvent à fleur de peau), et diminue la qualité des performances sportives.

Une autre étude montre que les jeunes qui dérangent fréquemment en classe ou qui sont des intimidateurs sont deux fois plus susceptibles de manquer de sommeil. Ceci expliquant probablement une partie de cela.

Le stress en cause

Chez une majorité d’adolescents, et particulièrement chez les jeunes adultes qui entreprennent des études au cégep et à l’université, c’est le stress qui est la principale cause du manque de sommeil.

La chose semble généralisée. Des études menées en France, aux États-Unis, en Allemagne et au Luxembourg, pour ne nommer que ces pays, en viennent aux mêmes conclusions : le stress et le manque de sommeil sont intimement liés. Et les deux semblent s’alimenter de manière particulièrement malsaine.

Les institutions d’enseignement supérieur ne prennent pas la chose à la légère et proposent de l’accompagnement et des banques de conseils avisés pour les étudiants, comme c’est le cas à l’Université Laval, à Québec.

Mais il est nécessaire de chercher les sources de stress et de tenter de le réduire au minimum afin d’améliorer la qualité du sommeil. Nous exigeons beaucoup de nos enfants. Et ils sont, en retour, particulièrement anxieux de réussir. Mais ils veulent aussi avoir une vie sociale, faire du sport, s’amuser, regarder des films et des séries télé jusque tard dans la nuit. Ce cocktail de dispositions néfastes et d’anxiété de performance est sans doute l’un des principaux facteurs du manque de sommeil. Mais c’est aussi un important écueil au succès scolaire.

Quelques conseils pour un meilleur sommeil :

 

  • Maintenir une température assez fraîche dans la chambre
  • Ne pas prendre l’habitude d’utiliser des somnifères afin d’éviter l’accoutumance
  • Éviter l’alcool et les stimulants (café, thé, boissons énergisantes, kombucha, etc.)
  • Limiter les activités sportives en soirée
  • Restreindre l’usage d’appareils électroniques et d’écrans dans l’heure précédant le coucher
  • Adopter des techniques de détente, comme la méditation
  • Au besoin, consulter un professionnel de la santé pour gérer le stress
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