Les défis des gérontechnologies

Entre les plus récentes nouveautés du Consumer Electronics Show et les enjeux de qualité de soins posés par un système de santé qui montre de nombreuses failles, nous abordons ici une série d’articles sur le vieillissement, la santé et la technologie. Aujourd’hui : les défis de l’adhésion.

L’âge moyen de la population croît à mesure que les ressources en santé, elles, s’avèrent de moins en moins suffisantes pour répondre à la demande. Maladies chroniques, perte de mobilité, démence : les motifs sont nombreux pour inquiéter des proches qui veulent aider, dans la mesure de leurs capacités.

À cet égard, plusieurs technologies peuvent venir pallier – en partie – le vide laissé par un système de santé qui répond efficacement aux cas les plus graves, mais souvent moins bien aux maladies qui ne nécessitent pas des soins majeurs. Surtout chez les personnes qui ne sont pas hospitalisées ou en maison de retraite.

Le frein de l’adoption

L’adhésion plutôt massive des baby-boomers à des technologies comme la tablette numérique et le téléphone intelligent risque fort de contribuer à un changement de paradigme en matière de technologies thérapeutiques pour la clientèle gériatrique.

Un sondage Pew (cité par Today’s Geriatric Medicine) montre que 71 % des personnes âgées qui sont initiées convenablement aux objets de communications technologiques en deviennent d’avides utilisateurs et en font un usage quotidien.

Mais encore faut-il que l’industrie réfléchisse à cette clientèle différemment qu’elle ne le fait pour les jeunes, ces derniers souhaitant être surpris par la nouveauté, alors que chez les plus âgés, il faut que celle-ci ressemble le plus possible à ce qu’ils connaissent déjà.

Les techs doivent donc imaginer des produits accessibles, faciles à utiliser, mais aussi contribuer à des programmes de formation – et de suivi – afin que leurs produits soient adoptés et que leurs bénéfices se fassent sentir. C’est aussi le rôle des gouvernements, qui ont le plus à gagner. Et c’est commencé, puisque le précédent gouvernement avait annoncé un investissement de 12,3 milliards de dollars pour «soutenir le vieillissement actif».

Se faire connaître

Le temps où les personnes âgées refusaient la technologie en masse semble bien révolu. Selon les données du CEFRIO, les deux tiers des personnes de plus de 65 ans vont sur Internet au moins une fois par semaine et près de la moitié possèdent une tablette.

Mais l’enjeu des solutions en gérontechs en est aussi un de visibilité lorsqu’elles se déploient en marge des outils communément employés.

Prenez le système téléphonique de Somum Solutions. Un produit québécois, simple de fonctionnement, qui, à l’aide du téléphone, permet une surveillance quotidienne au moyen d’un robot d’appel. Seulement 6000 personnes y étaient abonnées en 2018. En bonne partie parce qu’on ignore son existence.

Contourner les défis d’adhésion

De nouveaux produits de soins à domicile se développent en évitant les écueils liés à l’apprentissage de manipulation ou au port d’objets connectés.

Lancé au dernier Consumer Electronics Show de Las Vegas, Walabot, un système de surveillance des aînés, emploie des senseurs à micro-ondes fixés aux murs. Ceux-ci suivent les mouvements d’une personne, peuvent prévenir les proches en cas de chute, mais ils sont aussi liés à un système d’intelligence artificielle qui peut «deviner» une possible défaillance. En apprenant les habitudes de la personne, l’IA décèle les changements de posture, de déplacements, et envoie un message d’alerte tant à l’individu qu’à sa famille, en guise d’avertissement.

Mais reste ici, comme pour bien des objets du genre, l’enjeu de la vie privée, qui peut parfois freiner l’utilisation de ce genre de produits. Tout le monde souhaite être en sécurité, mais a-t-on pour autant envie que chacun de nos faits et gestes soit scruté par nos enfants?Adidas Predator Tango EVA

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