Les limites des bracelets connectés

Les bracelets connectés peuvent receler une myriade de vertus. Mais ils peuvent aussi encourager de très mauvais comportements. 

Les utilisateurs comme les fabricants d’objets connectés ou d’applications nagent dans les données. Heures de sommeil, pas marchés, battements cardiaques, verres d’eau éclusés, déplacements captés par GPS : les compagnies stockent nos données, parfois sans trop savoir qu’en faire.

Les chercheurs ne sont pas plus éclairés sur la question, d’ailleurs. Ni les médecins, comme nous l’apprenait un article de Forbes.

Mauvais, les bracelets connectés?

Cela ne signifie pas nécessairement que les bracelets de ce type sont inutiles. Mais ils ont leurs limites. Et celles-ci se trouvent parfois dans la tête de leurs utilisateurs.

«Il y a deux types de personnes qui utilisent les bracelets connectés, expose Natacha Gagné, kinésiologue, qui a sous sa tutelle une brassée d’athlètes. Les premiers s’en servent pour la motivation. Ça permet de faire le compte de ses activités, et c’est une bonne façon de maintenir ou d’augmenter son niveau d’activité physique. L’autre catégorie les utilise pour la performance. Donc, pour améliorer la vitesse, la force, etc.»

L’ennui, c’est que sans encadrement, les personnalités plus compétitives ne peuvent interpréter convenablement les données que génèrent leurs activités. Comme leur niveau de fatigue. «Ceux-là vont toujours vouloir en faire plus, c’est là qu’ils se blessent», constate Natacha Gagné.

Le plaisir y est-il?

Compter ses calories, c’est bien beau. Se donner des défis aussi. Mais les habitudes saines peuvent aussi devenir carrément nuisibles.

Natacha Gagné raconte l’histoire d’une patiente qui s’entraînait pour une course de 5 km. «Après son défi, elle n’a jamais cessé de courir son 5 km, tous les jours, au même régime. Aujourd’hui, elle souffre de périostites chroniques.»

Tout en sachant qu’elle prêche pour sa paroisse, la professionnelle de la santé insiste sur l’importance de consulter un professionnel. «Même lorsque les applications proposent des programmes, ils sont généraux, et s’ils fonctionnent pour la majorité des gens, ça ne veut pas dire qu’ils sont bons pour vous. Les gens devraient aussi consulter pour savoir s’ils font les choses correctement, s’ils bougent bien et s’ils ne sont pas en train de se blesser sans le savoir.»

Au final, insiste-t-elle, il ne faut surtout pas oublier la notion de plaisir. D’où l’importance non pas uniquement de monitorer ses déplacements, mais aussi de trouver une activité qui nous plaît, et qu’on a envie de faire souvent. Il y a plus de motivation là que dans un bracelet, en somme.

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