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L’exercice, ce médicament

Initiative inhabituelle parce qu’elle émane directement d’un syndicat professionnel plutôt que du Ministère de la Santé, l’union entre le Grand Défi Pierre Lavoie et la Fédération des Médecins Omnipraticiens du Québec (FMOQ) pourrait constituer un point tournant dans la médecine préventive.

À la base de cette communion d’idées, il y a le principe des cubes d’énergie, inventé par Pierre Lavoie, et qui fait son chemin dans les écoles afin d’inciter les jeunes à bouger.

Initiative inhabituelle parce qu’elle émane directement d’un syndicat professionnel plutôt que du Ministère de la Santé, l’union entre le Grand Défi Pierre Lavoie et la Fédération des Médecins Omnipraticiens du Québec (FMOQ) pourrait constituer un point tournant dans la médecine préventive.

À la base de cette communion d’idées, il y a le principe des cubes d’énergie, inventé par Pierre Lavoie, et qui fait son chemin dans les écoles afin d’inciter les jeunes à bouger. Le principe est simple : chaque portion de quinze minutes d’activité physique constitue un cube d’énergie. Le cube devient une mesure de base, à partir de laquelle on propose d’accumuler son propre lot de cubes, et de contribuer à celui de son école.

Tout le monde est mis à profit, y compris les familles qu’on invite à contribuer.

Quantifié de la sorte, mesuré, l’exercice physique devient aussi plus facile à prescrire. Et c’est exactement pour cela que les médecins omnipraticiens comptent emprunter cette méthode. Le concours en moins.

« Nous prescrivions déjà aux patients de faire de l’exercice physique, mais c’est parfois un peu flou, explique le président de la FMOQ, Louis Godin. Par exemple, on va donner un médicament à un patient diabétique, puis lui dire qu’il doit faire de l’exercice. Mais quand ? Comment ? À quelle intensité ? Avec les cubes, il va beaucoup mieux comprendre ce qu’il doit faire ».

Meilleure campagne de prévention possible

« Au cours des prochaines années, nous allons voir passer 7 millions de québécois différents dans nos bureaux, en première ligne. C’est presque 85% de la population », expose le Dr Godin, « et comme bien des gens, nous étions impressionnés de la manière avec laquelle M. Lavoie était parvenu à induire des changements de comportement par sa méthode, ses événements. Nous voulions donc participer à ce mouvement, qui est parvenu à diminuer la sédentarité chez les jeunes, en touchant à la classe de citoyens qui n’a pas été atteinte encore par le Grand Défi, et dont la santé est précarisée par la sédentarité. »

En faisant la promotion de la méthode du Grand Défi, qui est d’une extrême simplicité, les médecins omnipraticiens deviennent des ambassadeurs de l’activité physique comme vecteur de santé, avec à leur disposition un programme qui a fait ses preuves, auprès d’un public qu’ils sont parfois les seuls à côtoyer, et à pouvoir influencer. « Avec ce partenariat, cet emprunt au concept de cubes d’énergie, ça rend notre travail de persuasion plus facile et plus efficace », croit le président.

Un langage commun

« Ce qui est intéressant, aussi, poursuite le médecin, c’est qu’on peut créer des communautés qui vont pouvoir se motiver », propose-t-il, espérant que les cubes d’énergie, devenus une sorte de langage commun, puissent être « dépensés » ensemble, en groupes, entre amis.

De telle sorte qu’un patient appelle un ami, qui a lui aussi trois cubes à dépenser cette semaine-là, et trouve ainsi quelqu’un pour l’accompagner. « Chez les gens plus âgés, chez ceux qui n’ont jamais fait d’exercice, c’est plus difficile de commencer. S’ils discutent, se rendent compte qu’ils ont reçu la même prescription de faire de l’activité physique, ils risquent de se mettre ensemble aller faire quelques cubes… »

Les médecins de famille auraient donc trouvé dans les manières de faire du Grand Défi Pierre Lavoie les incitatifs, le langage et une manière de fédérer les personnes qui doivent se prendre en main. « On sait que l’exercice physique est efficace pour traiter les maladies, les prévenir, et puis la personnalité forte de M. Lavoie ne peut pas nuire. Raison de plus pour nous de nous y associer. Tout le monde connaît son nom, son travail. C’est sûr que c’est inspirant. »

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David Desjardins
Contributeur fréquent à L'Actualité, à Vélo Mag et à Entrée Principale à Radio-Canada, David Desjardins est le rédacteur en chef de NotreSanté.ca