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Maladie de Parkinson 101

Après la maladie d’Alzheimer, celle de Parkinson est la seconde maladie dégénérative en importance. Au Québec, 25 000 personnes en sont atteintes. Au Canada, le nombre s’élève à 100 000. Mal connue, la maladie mérite qu’on en étudie les principaux symptômes afin de mieux comprendre comment elle opère.

Pour plusieurs, la maladie de Parkinson se résume à ses plus célèbres symptômes : les troubles moteurs, plus précisément d’incontrôlables tremblements.

On sait que c’est une maladie dégénérative, qu’elle affecte le cerveau. Mais que sait-on des premiers signes qui permettent son dépistage, de la qualité de vie de ceux qui en souffrent et des possibilités de traitement?

Afin de mieux comprendre les mécanismes de la maladie et les avancées de la médecine à son sujet, Danielle Blain, directrice régionale de Parkinson Canada au Québec, fait le point avec nous.

Qu’est-ce exactement que la maladie de Parkinson?

C’est une maladie neurodégénérative. Ordinairement, nos mouvements sont régis par la dopamine, un produit chimique qui fait voyager les signaux entre les neurones du cerveau. Quand les cellules qui produisent la dopamine meurent, on voit apparaître les symptômes de la maladie de Parkinson.

Quels en sont les premiers symptômes?

Bien que la maladie de Parkinson soit souvent caractérisée par de la lenteur à exécuter des mouvements, de la rigidité, des tremblements et de l’instabilité posturale, on peut observer d’autres changements chez de nombreux patients, même avant l’apparition des symptômes moteurs. Ces changements, connus sous le nom de symptômes non moteurs, peuvent aussi avoir un impact sur la qualité de vie d’une personne. Beaucoup de patients ne se rendent pas compte que ces autres symptômes sont liés à la maladie de Parkinson. Par conséquent, ils ne sont pas traités.

Une vingtaine de symptômes non moteurs peuvent être liés à la maladie de Parkinson et varient considérablement d’un patient à l’autre : étouffement et difficulté à avaler, nausées et vomissements, constipation, troubles de la vessie, douleur inexpliquée, hallucinations, dépression et anxiété, hypotension orthostatique, syndrome des jambes sans repos, enflure des jambes, transpiration excessive, vision double…

Les premiers symptômes souvent éprouvés très tôt par les personnes atteintes de la maladie de Parkinson sont la perte de l’odorat et du goût, l’écriture qui rapetisse ou les troubles du sommeil paradoxal, comme mimer ses rêves.

Que faire si on constate qu’ils apparaissent?

Consultez votre médecin de famille, qui pourra vous diriger vers un neurologue, le spécialiste qui posera ou confirmera le diagnostic de la maladie de Parkinson.

Des lignes directrices canadiennes sur la maladie de Parkinson sont maintenant disponibles pour tous les professionnels de la santé afin d’en améliorer le diagnostic et le traitement. Elles sont fondées sur les meilleures données probantes publiées, font appel à un consensus expert, procurent des conseils pratiques cliniques, tiennent compte du choix et de la décision éclairée du patient et conviennent au système canadien de soins de santé.

Est-ce que ces symptômes signifient nécessairement que l’on est atteint?

Non, c’est pourquoi une évaluation et un diagnostic le plus tôt possible pourront vous aider à mieux gérer votre maladie ou encore permettront d’établir si une autre maladie est responsable de vos symptômes.

Comment se développe la maladie?

Chaque personne atteinte de la maladie de Parkinson est unique et donc sujette à des symptômes différents. Cependant, étant donné qu’il s’agit d’une maladie progressive, les symptômes existants s’aggraveront, et de nouveaux symptômes pourraient se manifester. Il est difficile d’évaluer la rapidité avec laquelle le Parkinson évoluera chez chacun. Il est possible que la dégénération se produise plus vite chez les personnes qui sont plus âgées à l’apparition des premiers symptômes. Il est possible également que le Parkinson progresse moins vite quand le principal symptôme consiste en l’apparition de tremblements, surtout s’ils commencent d’un seul côté.

Où en est la recherche concernant les traitements?

Les traitements actuels ne permettent pas de guérir la maladie ni d’interrompre sa progression. Le traitement des symptômes de la maladie de Parkinson relève avant tout de la pharmacothérapie, qui a pour but de soulager les symptômes et d’améliorer la qualité de vie. Les médicaments n’empêchent pas la maladie de progresser. Ils aident à fonctionner au jour le jour, mais produisent des effets secondaires qu’il faut gérer.

Le traitement chirurgical de la maladie de Parkinson peut comporter des avantages pour certaines personnes. Il ne convient pas à tous, mais on peut l’envisager après avoir eu recours aux médicaments. Le chirurgien insère une sonde dans le cerveau, visant certaines zones qui sont peut-être la source des tremblements ou des mouvements involontaires.

Plusieurs études en cours se penchent sur les différentes dysfonctions à l’intérieur des neurones défaillants dans la maladie de Parkinson. On identifie des mécanismes biochimiques qui pourraient éventuellement permettre de développer de nouvelles approches thérapeutiques dans les années à venir.

Quelle est l’espérance de vie des personnes atteintes, leur qualité de vie?

On peut mener une vie active tout en ayant le Parkinson, en fonction de notre âge lors de l’apparition des premiers symptômes, de notre manière de les gérer et de notre état de santé général. Dans la plupart des cas, la maladie de Parkinson ne réduit pas l’espérance de vie. Cependant, à mesure que l’on vieillit et que la maladie progresse, les risques augmentent. Ainsi, un mauvais équilibre peut entraîner des chutes, et les problèmes de déglutition, si on les néglige, peuvent dégénérer en pneumonie. La maladie de Parkinson est une maladie chronique (à long terme) qui nécessite une vigilance et une gestion continues pour maintenir une bonne qualité de vie.

Surtout, les personnes atteintes ont besoin de faire de l’exercice pour prévenir les effets défavorables de l’inactivité. À long terme, celles qui font de l’exercice améliorent leur qualité de vie. En particulier, les activités aérobiques et autres activités favorisant la force, la souplesse et l’équilibre contribuent à contrôler les symptômes de la maladie et à augmenter le bien-être de la personne. L’activité physique devrait être entreprise au début de la maladie et constituer un engagement à vie.

Quelles sont les ressources vers lesquelles se tourner pour mieux vivre avec la maladie?

Depuis 50 ans, Parkinson Canada est la voix des Canadiens atteints de la maladie de Parkinson. L’organisme a pour but d’apporter un appui et de trouver un remède à la maladie grâce aux efforts consentis dans les secteurs de la recherche, de l’éducation, des services de soutien et de la défense des intérêts des personnes atteintes.

Les personnes vivant avec le Parkinson, les proches aidants et les professionnels de la santé peuvent contacter Parkinson Canada pour obtenir, en français et en anglais, des informations sur la maladie ou sur les programmes et services offerts dans leur communauté.

www.parkinson.ca

1 800 565-3000

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David Desjardins
Contributeur fréquent à L'Actualité, à Vélo Mag et à Entrée Principale à Radio-Canada, David Desjardins est le rédacteur en chef de NotreSanté.ca