Chili con carne in a bowl

Maladies du cœur et alimentation : l’étapisme

Avec le stress et le tabagisme, l’alimentation compte parmi les principaux facteurs de risque que l’on peut modifier afin d’éviter la maladie cardiaque. Mais il est difficile de tout changer du jour au lendemain. D’où l’idée d’intégrer de bonnes pratiques sans tout chambouler d’un coup.

Avec le stress et le tabagisme, l’alimentation compte parmi les principaux facteurs de risque que l’on peut modifier afin d’éviter la maladie cardiaque. Mais il est difficile de tout changer du jour au lendemain. D’où l’idée d’intégrer de bonnes pratiques sans tout chambouler d’un coup. Et surtout, sans laisser le plaisir de manger ficher le camp.

On parle du cœur, puisque le mois de février lui est consacré, mais peu importe la maladie, les coupables à montrer du doigt sont à peu près toujours les mêmes. La cigarette. Le stress. L’inactivité physique. Et finalement l’alimentation.

En ce qui concerne cette dernière, les changements préconisés sont parfois brutaux. Peut-être même trop. Avec pour résultat que, comme pour n’importe quelle diète trop restrictive, ceux qui souscrivent à des modifications importantes de leur alimentation finissent par faire rapidement dérailler le train de leurs bonnes résolutions.

Les étapes

«L’idée, c’est d’éviter de passer d’un extrême à l’autre», souligne la nutritionniste Karine Gravel.

Dans son bureau, elle voit défiler quantité d’individus aux prises avec des problèmes de poids. Ceux-ci sont intimement liés aux maladies cardiaques. «Il faut traiter son corps en ami», leur dit-elle toujours. C’est-à-dire ne pas le punir, et conserver une notion de plaisir.

«Par exemple, on peut intégrer de nouveaux aliments sans nécessairement tout changer. C’est l’année des légumineuses, alors pourquoi ne pas essayer d’en manger un peu plus? C’est une source de protéines végétales importante, ce n’est pas gras… Ce qui ne veut pas dire non plus de tout changer. On peut très bien conserver la viande et en remplacer une partie par des légumineuses (comme dans un chili). Même chose avec le tofu : on peut bien lui accoler des crevettes. Ce n’est pas une religion.»

À ceux qui cherchent des idées de recettes, la nutritionniste va au plus simple : «Je trouve que Ricardo fait de l’excellent travail», rigole-t-elle.

S’écouter

Depuis longtemps, les nutritionnistes nous conseillent d’écouter nos sens. «Mais c’est vrai qu’il y a des gens qui ne s’écoutent plus depuis longtemps. C’est difficile pour eux de prendre conscience de leurs sensations.» Alors elle leur fait remplir un journal. Non pas un compte rendu des calories ingérées, mais plutôt un aperçu de comment ils se sentent avant, pendant et après le repas. Le génie, dans cette idée toute simple, étant qu’on se met forcément à réfléchir à comment on se sent pendant qu’on mange, puisqu’on sait qu’on aura à écrire sur le sujet.

Et c’est ainsi qu’on reprogramme notre cerveau pour enfin prendre conscience de ce qui se passe en nous lorsqu’on mange.

«Être punitif, désigner des choses qui sont bonnes ou mauvaises tout le temps, ce n’est pas très profitable à long terme. Ça crée de la frustration, de la culpabilité. Si on arrive à s’écouter, on change notre rapport à la nourriture.»

 

Vous pouvez joindre Karine Gravel @ l’adresse : www.karinegravel.com

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David Desjardins
Contributeur fréquent à L'Actualité, à Vélo Mag et à Entrée Principale à Radio-Canada, David Desjardins est le rédacteur en chef de NotreSanté.ca