Maladies rénales : mesures extrêmes

Lorsque les reins cessent de fonctionner, il n’existe que deux solutions : la dialyse ou la greffe. Laquelle est plus souhaitable? La greffe, sans contredit. Mais encore faut-il un bon donneur.

Hypertension, diabète, maladies héréditaires ou inflammatoires : les routes qui mènent à l’insuffisance rénale sont nombreuses. Et la maladie, dont les symptômes sont souvent flous, peut parvenir à progressivement altérer le fonctionnement de ces organes de filtration vitaux, mais sans s’annoncer.

La chose n’est pas nécessairement irrémédiable. À condition d’être détectée assez tôt. Mais si l’on tarde trop et que les reins ne parviennent plus à éliminer les toxines produites par l’organisme, il est impératif de leur trouver un système de remplacement. «À ce stade, qu’on désigne comme terminal, la vie change de manière dramatique», explique le Dr Michel R. Pâquet, néphrologue au CHUM et spécialiste des greffes du rein.

Deux solutions s’offrent alors au patient : la dialyse ou la greffe. «Techniquement, il s’agit de remplacer une fonction vitale. Pour la dialyse, on parle de trois traitements de 4 heures par semaine. Avec les déplacements et tout ce que ça implique, ça a un impact très important sur la qualité de vie du patient, et sur sa mobilité aussi, parce que ça complique beaucoup les possibilités de voyages, de déplacements», expose le médecin.

Plaidoyer pour la greffe

La transplantation d’un rein sain semble donc la voie à préconiser. D’autant que, selon le Dr Pâquet, il s’agit aussi de la solution la moins coûteuse pour le système.

Il existe deux types de greffes. Celles provenant d’un donneur d’organes décédé, et les dons de rein par un proche vivant. «Cette dernière option est idéale, parce qu’elle permet d’éviter la dialyse et de faire la transplantation avant que les reins ne soient plus du tout en état de fonctionner», explique le médecin.

Toutefois, jusqu’à récemment, le Québec traînait en queue de peloton dans les statistiques des donneurs vivants. Et que ce ne soit plus le cas a des répercussions énormes, soutient le néphrologue. « Parce que ce sont des greffes qui fonctionnent mieux, et que la dialyse est beaucoup plus onéreuse qu’une transplantation. L’impact positif est donc humain et économique.»

Les choses s’améliorent dans ce dossier, donc. Accessibilité à l’information par le Web oblige, la littérature sur le don de rein est désormais abondante. Parmi les sites les plus éclairants, on conseille jedonneunrein.ca, produit par la Fondation canadienne du rein. On y fait l’inventaire des préoccupations, préalables, conséquences pour le donneur et le receveur, on y explique la marche à suivre… Bref, tout ce qu’il faut savoir avant d’envisager cet important don de vie.

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