Maladies rénales : un trouble sournois

Un Canadien sur 10 souffre d’insuffisance rénale. Et les symptômes sont si discrets et progressifs que c’est souvent trop tard qu’on diagnostique la maladie. D’où l’importance d’en connaître les causes.

Malgré leur fréquence et le problème de santé publique qu’elles posent, les maladies rénales ne semblent pas susciter la même attention médiatique que les affections cardiaques, pulmonaires, ou le cancer.

On les désigne pourtant comme un mal silencieux, qui s’insinue petit à petit jusqu’à ce qu’il soit trop tard et que le fonctionnement des reins soit irrémédiablement compromis, obligeant alors à y suppléer grâce à la dialyse ou à la transplantation.

«Il faut bien comprendre ce que font les reins et pourquoi ils sont si importants, expose le Dr Michel R. Pâquet, néphrologue au CHUM. Si on simplifie, disons qu’ils agissent comme un filtre qui élimine les toxines dans le sang. La maladie rénale se présente lorsque, pour une raison ou une autre, la qualité de la filtration diminue.»

Or, il est très rare que la maladie survienne d’un seul coup. Si bien que les personnes qui en souffrent ignorent souvent la présence des premiers symptômes, qui sont discrets, progressifs, si bien qu’on s’y habitue. Mais encore faut-il les connaître. «Ils sont un peu vagues et flous, mais on note que l’appétit peut changer, et surtout diminuer chez les personnes affectées. Aussi, le goût peut changer, des aliments qu’on aimait nous semblent soudain repoussants. Il peut aussi y avoir une diminution de l’énergie, de la capacité à se concentrer.»

Mais seule une analyse de sang lors d’un bilan de santé peut nous assurer de la «qualité de filtration» des reins.

Une conséquence d’autre chose

Il existe plusieurs maladies rénales. Certaines sont génétiques. C’est le cas de la maladie polykystique, transmise par les gènes, des parents aux enfants.

D’un autre côté, les maladies inflammatoires du rein sont imprévisibles et peuvent affecter n’importe qui, bien qu’elles soient très rares. La glomérulonéphrite, par exemple, se développe nettement plus rapidement que la plupart des maladies rénales.

Car si elles sont le plus souvent progressives, c’est parce que les maladies rénales découlent d’autres maux. On pense à une hypertension non soignée ou à un diabète qui n’est pas contrôlé.

«On peut contrôler les facteurs de risque pour éviter d’atteindre le point de non-retour et ainsi prévenir l’apparition de la maladie, ou sa dégénérescence si on la détecte tôt», explique le Dr Pâquet. Sans surprise, il désigne les habitudes de vie comme premier coupable. Ce qui n’est guère étonnant, puisque le surpoids, le tabagisme, l’alimentation déficiente et la sédentarité comptent parmi les principaux facteurs de risque pour les maladies qui surviennent en amont des troubles rénaux.

«Les maladies génétiques, on ne peut pas les prévenir, mais on peut les traiter et ralentir leur progression», explique le néphrologue. Dans tous les cas, il est primordial d’obtenir un diagnostic rapide afin d’éviter les mesures extrêmes.

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