Manger bio protège-t-il du cancer?

Malgré tout l’engouement que suscite l’alimentation biologique, très peu de données scientifiques existaient afin d’appuyer son efficacité à prévenir différents types de maladies, dont le cancer.

L’adoption de ces produits, malgré leur prix souvent plus élevé que la moyenne, se faisait donc par instinct, avec le sentiment que l’application du principe de précaution devait présider, considérant l’usage massif de pesticides en agriculture, leurs effets comme perturbateurs endocriniens, et les études probantes sur les liens entre une exposition massive à ces produits et l’incidence de cancers chez les agriculteurs.

Cependant, une récente étude, menée en France auprès de 70 000 personnes (plus des trois quarts étant des femmes) pendant cinq ans, permet désormais de croire qu’il existe peut-être aussi un lien entre la consommation régulière de produits bios et un taux plus faible de cancers que chez la population qui ne recherche pas ce type de certification.

Est-ce à dire qu’on détient la preuve irréfutable qu’il existe un lien entre pesticides et cancer?

 

Voici ce que nous dit cette recherche, et ceux qui l’ont commentée :

 

  • Parmi les personnes à l’étude, celles qui consomment régulièrement des aliments bios ont 25 % moins de risques de développer un cancer.

 

  • La baisse d’occurrences de cancer du sein post-ménopause est particulièrement importante.

 

  • Comme les gens qui consomment des produits biologiques sont généralement plus riches et plus soucieux de leur santé, les scientifiques ont ajusté leurs résultats et ont été stupéfaits de constater que la réduction du nombre de cancers était encore très importante, même chez les personnes dont l’hygiène de vie est moins bonne.

 

  • Une lecture critique de l’étude soutient que, malgré ces résultats très intéressants, on ne peut pas encore faire de lien de causalité entre la consommation d’aliments qui ne détiennent pas la certification biologique et l’occurrence de cancers.

 

  • Les observateurs déplorent que les sujets de l’étude, ou au moins un échantillon, n’aient pas été soumis au prélèvement de biomarqueurs afin de voir le taux de pesticides présents dans leur organisme.

 

  • D’autres experts soutiennent qu’en raison des résultats très intéressants sur la question, il est nécessaire de procéder à d’autres recherches du genre.

En bref:

Sans valider entièrement les présomptions des consommateurs et des producteurs favorables à la méthode biologique, l’étude pointe dans le bon sens. Toutefois, dans l’état actuel des choses, de nombreux experts, y compris des lobbys qui ont pour objectif de réduire l’usage de pesticides en agriculture, croient qu’il est plus important pour la santé des individus de consommer plus de fruits et de légumes que de se tourner exclusivement vers le bio.

Pour le moment, l’apport en végétaux est simplement trop faible dans la population moyenne, qui consomme encore trop de viande rouge et d’aliments transformés, ce qui a un effet direct sur la santé.

 

 

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