Mangez-vous trop de sel?

Le sel est nécessaire à la vie. Le problème, c’est que nous en consommons beaucoup trop. Alors plutôt que de se contenter de jouer son rôle essentiel au bon fonctionnement du corps (en régularisant les liquides du corps, en y transportant les nutriments et en agissant comme relaxant musculaire, entre autres), il devient nuisible.

Consommé à l’excès, le sodium contribue fortement à l’hypertension, et donc aux maladies cardiovasculaires.

Or, il est la principale composante du sel de table (qui est du sodium fixé à des molécules de chlore), dont nous ingérons des quantités astronomiques. Le plus souvent sans même nous en rendre compte.

L’avertissement de Santé Canada

En 2012, Santé Canada recommandait aux entreprises alimentaires de réduire l’apport en sel dans la transformation des aliments. Or, selon un rapport paru au début de 2018, seulement 14 % de l’industrie a atteint la cible fixée.

La consommation de sel est donc toujours aussi élevée : 80 % des adultes canadiens dépassent la limite. Chez les enfants de 4 à 8 ans, ce chiffre atteint 93 %!

Plus clairement : la consommation de sel recommandée est de 1500 mg à 2300 mg par jour. Les Canadiens en consomment en moyenne 3400 mg quotidiennement.

Le coupable n’est pas votre salière

«Souvent, les gens pensent qu’ils ne consomment pas beaucoup de sel parce qu’ils n’en ajoutent pas eux-mêmes, explique Karine Gravel, docteure en nutrition et nutritionniste. Le problème, c’est la quantité qu’on trouve dans les aliments transformés, qui représente 77 % de notre apport moyen. En comparaison, le sel que nous ajoutons ne compte que pour 11 %.»

Que faut-il redouter, donc?

«Tout ce qui est dans des boîtes, emballé, illustre l’experte. Soupes, repas congelés, pâtés, sauces…»

Mais il y a aussi des aliments «santé» dont il faut se méfier. Comme les légumineuses en conserve. «Si on les rince, par contre, on élimine jusqu’à 40 % du sel. Et il existe plusieurs marques maison réduites en sodium.»

Le jus de tomate est également redoutable. Un grand verre de 250 ml contient 650 mg de sel. Ce qui est énorme. «C’est vrai que sans sel, ce n’est pas très bon. Mais vaut mieux l’ajouter soi-même, c’est toujours moins pire que ce qui est ajouté par les compagnies.»

Ajuster ses papilles

La chose ne se fait pas du jour au lendemain, mais on se déshabitue de manger trop salé. Comme pour le sucre. «Si on réduit notre apport en sel de 30 à 50 %, au bout de deux ou trois mois, on en vient à préférer les aliments qui en recèlent une moins grande quantité.»

Ce qui ne veut pas dire d’éliminer entièrement les aliments salés, mais de cuisiner le plus possible soi-même, de faire attention à ce qu’on achète en lisant bien les fiches nutritionnelles, et peut-être aussi d’assaisonner différemment. Avec des épices et des fines herbes, par exemple.

«Mais attention, le sel de céleri ou d’oignon, c’est du sel aromatisé», rappelle Karine Gravel. Ajoutons que le sel de mer n’est pas non plus meilleur pour la santé. Ses cristaux sont simplement plus gros.

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