Optométristes : en première ligne des soins de l’oeil

À quand remonte votre dernier examen de la vue? Peu importe qu’on souffre ou non de problèmes de vision, les optométristes peuvent déceler une multitude de troubles de la santé avant qu’ils ne se détériorent. 

«Nous contribuons à désengorger le système», soutient Carole Roth, optométriste de la région de Québec, qui travaille depuis 20 ans dans les cliniques de sa consœur Hélène Garant, et désormais dans son propre bureau de Lac-Beauport.

Dotés d’un équipement à la fine pointe de la technologie, ces professionnels de la santé passent cinq années d’études universitaires à cartographier l’œil sous tous les angles. «Une patiente qui est aussi médecin généraliste me disait l’autre jour que nous en savons beaucoup plus qu’elle et ses collègues à propos de l’œil, et que nous sommes souvent mieux équipés pour gérer des problèmes de santé oculaire qu’à l’urgence. Comme nous pouvons prescrire plusieurs médicaments, retirer des corps étrangers, soigner des yeux rouges, des conjonctivites, nous pouvons agir rapidement et éviter à plusieurs patients une longue et inutile attente.»

Une expertise mieux reconnue

Selon Léo Breton, vice-président de l’Ordre des optométristes du Québec, le rapport entre les membres de sa profession et les professionnels de la médecine s’est considérablement amélioré au fil des ans. «C’est le jour et la nuit par rapport à ce que c’était avant, dit-il. La grande majorité des ophtalmologistes collaborent désormais avec nous, parce que nous effectuons le triage des problèmes en amont.»

«Pendant qu’on s’occupe d’une conjonctivite, l’ophtalmologiste a le temps d’opérer un patient pour une cataracte», illustre Mme Roth.

De l’équipement de pointe

Dotés de scanners de la rétine en mesure de faire des photographies détaillées du fond de l’œil, les optométristes sont à même de déceler de nombreux maux avant qu’ils ne partent en vrille, jusqu’à l’irrémédiable. «Pour le glaucome, s’il n’est pas diagnostiqué assez tôt, il n’y a pas de retour en arrière. Si on attend d’avoir des symptômes, parfois, il est trop tard. Même chose pour la dégénérescence maculaire. D’où l’importance de consulter régulièrement», soutient M. Breton.

«J’ai eu un jeune patient, un jour, qui avait des maux de tête, des vomissements. Avec mes instruments, j’ai pu voir qu’il avait une tumeur au cerveau. Comme nous l’avons repérée très tôt, avant qu’elle ne provoque des métastases, il vit encore aujourd’hui», raconte Carole Roth.

Visites régulières

Afin de prévenir les principales maladies de l’œil et d’en profiter pour faire un examen approfondi de la région oculaire, on recommande des visites annuelles pour les enfants et les adolescents jusqu’à 18 ans, peu importe qu’ils présentent des symptômes pouvant inciter à consulter. Les adultes de 18 à 45 ans peuvent prendre rendez-vous tous les deux ans, puis doivent idéalement revenir aux visites annuelles par la suite. La plupart des examens sont couverts par les assurances de soins de santé privées.

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