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Pernicieux glaucome

Sans symptôme avant que les dommages n’apparaissent, donc sans douleur pour avertir que quelque chose de grave se trame dans l’oeil, le glaucome représente un important problème de santé qui nécessite un dépistage précoce.

Sans symptôme avant que les dommages n’apparaissent, donc sans douleur pour avertir que quelque chose de grave se trame dans l’oeil, le glaucome représente un important problème de santé qui nécessite un dépistage précoce. Et parfois… à l’aveugle.

Deuxième cause de cécité après le diabète, en 2020, il affectera 80 millions de personnes. Et celles qui ne seront pas traitées à temps pourraient y perdre la vue. En partie, ou totalement.

La glaucome est une maladie sournoise qui, trop couramment, fait des ravages avant de s’annoncer. Et c’est ce qui la rend particulièrement terrible. « Le plus souvent, c’est au moment où ils constatent qu’ils commencent à perdre une partie de leur vision que les gens consultent. Ce n’est pas toujours irréversible, mais la plupart du temps, on ne peut pas revenir en arrière », expose l’ophtalmologiste de Québec Éric Tourville.

Généralement, les problèmes se manifestent par une réduction de la vision périphérique qui s’aggrave avec le temps pour devenir « vision » tunnel, et peut aller jusqu’à la cécité si rien n’est fait.

Mais heureusement, très souvent, on peut arrêter le mal de progresser.

Explications et traitements

Les causes du glaucome sont multiples, mais le principe demeure le même : il s’agit d’une altération des cellules du nerf optique, celui-ci étant écrasé en raison d’une trop forte pression à l’intérieur du globe oculaire qui s’engorge de liquide (qu’on appelle humeur aqueuse).

Les raisons de cet engorgement diffèrent d’un cas à l’autre, et il existe d’autres causes qui entraînement la détérioration du nerf optique : « Mais généralement, le problème est que le liquide est mal drainé à l’intérieur du globe oculaire. Par exemple, une inflammation peut bloquer l’écoulement », explique le Dr Tourville.

Heureusement, il existe plusieurs formes de traitements afin de maintenir la pression de l’œil à un niveau tolérable pour le nerf. Plusieurs se résument à l’application de gouttes qui ralentissent la production de liquide ou améliorent le drainage, mais il existe aussi des interventions au laser, indolores, qui permettent de dégager le système de drainage de l’œil. Et en dernier recours, il y a la chirurgie.

Prévention et facteurs de risque

Bien que le glaucome se manifeste plus souvent chez les personnes de plus de 50 ans, il peut aussi affecter les jeunes adultes, et même les enfants. C’est pourquoi il n’est pas inutile, bien au contraire, de faire examiner ses yeux par un optométriste qui possède les outils nécessaires pour analyser l’état de la pression oculaire.

« Il existe des prédispositions génétiques aussi, précise l’ophtalmologiste. Par exemple, s’il y a eu des cas de glaucome dans la famille, il serait judicieux de faire un suivi plus serré. »

Outre les antécédents familiaux, l’origine ethnique, le diabète, des blessures à l’œil ou la pression artérielle élevée constituent aussi des facteurs de risque.

Et certaines conditions surprenantes peuvent même s’inscrire parmi ces facteurs. « On sait désormais que même l’apnée du sommeil peut provoquer le glaucome », en privant le nerf optique d’oxygène, termine Éric Tourville.

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David Desjardins
Contributeur fréquent à L'Actualité, à Vélo Mag et à Entrée Principale à Radio-Canada, David Desjardins est le rédacteur en chef de NotreSanté.ca