Reprenez possession de vos week-ends

Prendre une pause du boulot est essentiel au maintien d’une bonne santé.

Mais les technologies qui devaient nous libérer du travail ont fini par nous y enchaîner. Le statut de pigiste censé émanciper de la vie de bureau a quant à lui fait de ceux qui l’ont adopté des individus souvent incapables de passer une seule journée sans répondre à leurs courriels ou de saisir l’ordinateur portable pour s’avancer un peu dans leur labeur.

Sans oublier que, entre une partie de hockey du plus jeune, les courses, le ménage, les rénos et le soccer de la plus grande, le peu de temps qu’on désigne encore comme «fin de semaine» rétrécit comme peau de chagrin, au profit des déplacements et des corvées.

Cela a une incidence sur notre santé mentale, clame la journaliste et romancière torontoise Katrina Onstad : nous sommes au bord d’une crise généralisée de surmenage! Cela, alors qu’on constate qu’il n’y a aucune corrélation entre le nombre d’heures travaillées et la réussite financière. En fait, plus on travaille au-delà d’un seuil acceptable, moins on est productif.

Son récent essai, Où est passé mon week-end?, retrace le combat mené par la classe ouvrière pour obtenir ce temps de repos, de quelle manière nous l’avons perdu, et ce que nous pouvons apprendre d’autres peuples qui comprennent mieux que nous comment décrocher. La France vient d’instituer le droit de se débrancher. De plus en plus d’entreprises et de communautés étirent les fins de semaine, proscrivent les échanges de messages professionnels le soir, etc.

Le vent tourne lentement en faveur du temps libre, mais en attendant les grands changements de culture, Onstad propose quelques idées afin de reprendre possession de son week-end et de ne plus déprimer devant Tout le monde en parle en songeant au retour au travail le lendemain, mais surtout au sentiment que les 48 dernières heures se sont écoulées trop rapidement, sans qu’on en retire grand-chose de satisfaisant.

Faites une activité qui a du sens

Jouez dehors, préparez à manger avec la famille ou des amis, admirez quelque chose de beau en allant au musée ou à la montagne, comme il vous plaira. Lisez un livre qui vous tente. Mais ne confondez pas temps libre et divertissement non plus. Ce que vous faites doit vous nourrir; pas certain que vous gaver d’épisodes de District 31 suffise à vous donner l’impression d’avoir réussi votre fin de semaine.

Débarrassez-vous de vos corvées pendant les soirs de semaine

Oui, le ménage doit être fait. Le lavage aussi. Mais le premier ne peut-il pas être accompli le jeudi, et le second le lundi? Notre principal problème avec la fin de semaine, c’est qu’elle est souvent aussi chargée de tâches que l’est la semaine. Or, il faut du temps pour flâner et ne pas être productif afin de pouvoir l’être au moment opportun : en semaine, au travail.

Entrez en contact avec des gens

Le terme connexion a été dévoyé par les entreprises technologiques, soutient l’auteure. Nos gadgets nous gardent en contact avec les autres, mais ces relations sont superficielles. Passer du temps avec quelqu’un, c’est entrer en relation, apprendre à vraiment connaître la personne, partager une activité, des points de vue, et rompre avec la solitude qui accable de plus en plus de gens. La solitude chronique est l’affaire de 35 % des plus de 45 ans. Or, il appert qu’elle est plus nocive que l’alcool, le tabac et la sédentarité.

Cessez de vous rendre toujours disponible

Le droit à la déconnexion fait lentement son chemin. En attendant que cela arrive ici, n’hésitez pas à faire savoir aux gens que vous ne lisez pas vos courriels le soir et la fin de semaine. Quitte à l’inscrire dans votre signature ou dans un message d’absence que vous activez pour le week-end. Personne ne vous en tiendra rigueur. Au contraire, vous risquez de faire des envieux qui vous copieront.

Éteignez votre téléphone

Nous avons perdu l’habitude de n’être pas «connectés». Nous sommes convaincus de ne plus pouvoir fonctionner et ne savons plus comment meubler les temps morts sans le divertissement des réseaux sociaux. Mais si les premières minutes à regarder la Zamboni faire des sparages sur la patinoire en attendant la partie du plus jeune risquent de ressembler à une agonie, à la longue, vous aimerez ces moments d’ennui. Ils permettent de réfléchir, de s’ouvrir aux rencontres et de laisser son esprit vagabonder. Et ça, c’est vraiment très bon pour la santé mentale.

Inscrivez-vous à une activité

Les gens qui font du bénévolat n’ont pas l’impression d’avoir perdu du temps, a découvert Katrina Onstad : au contraire, ils ont le sentiment d’en avoir gagné (allez lire le livre pour comprendre pourquoi). Qu’il s’agisse de donner quelques heures, de joindre une ligue de pétanque, un club de course à pied ou autre chose qui nous branche, s’inscrire à une activité permet d’entretenir une passion en ayant rendez-vous avec celle-ci. C’est du temps de qualité, passé à faire une chose qu’on aime, en dehors de l’esprit de productivité.

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