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Revue 2016: de la santé, on en mange

Objets de controverse ou de nouveauté, ces questions ont marqué l’année. Nous entamons cette semaine notre série sur les faits saillants de 2016 en santé. Parce que les palmarès, non seulement c’est amusant, mais cela permet aussi de revenir sur des sujets que l’actualité a rapidement balayés sous le tapis. Premier thème : l’alimentation.

La viande irradiée

Depuis 1998, l’industrie bovine tente d’obtenir la permission du gouvernement canadien d’irradier la viande.

La raison? Éviter la propagation de bactéries dangereuses comme l’E. coli. Le principe consiste à «ioniser» la viande, soit l’exposer à des rayons X, gamma ou à des faisceaux d’électrons afin de couper l’ADN desdites bactéries et de les empêcher de se reproduire. Cela ne stérilise pas le produit, mais assure qu’il est propre à la consommation.

Santé Canada s’est aventuré sur ce terrain en 2002, mais a dû reculer en raison des réactions très négatives. Mais depuis la mort, en 2012, de plusieurs personnes à la suite de l’exposition à la bactérie E. coli, plusieurs tenants de l’irradiation croient que l’opinion publique a changé. C’est pourquoi on est revenu à la charge cette année, espérant ne pas rencontrer la même opposition qu’auparavant.

Les tenants de l’irradiation et les chercheurs se font rassurants : le processus n’est pas plus nocif que lorsqu’on fait chauffer des aliments au micro-ondes. Et les molécules résiduelles, après l’ionisation, sont semblables à celles suivant la pasteurisation.

Toutefois, l’utilisation, dans le processus, du cobalt 60, qui est radioactif, effraie encore de nombreux consommateurs.

Aux États-Unis, il est permis d’irradier de nombreux aliments, dont la viande, les fruits de mer et les légumes. Ici, pour le moment, il est possible de le faire avec plusieurs épices, herbes, la farine, les oignons et les pommes de terre, mais le procédé est encore peu utilisé. La loi oblige à indiquer clairement sur l’emballage que les produits ont été irradiés.

Les consultations se poursuivent. Peut-être qu’en 2017, vous pourrez faire griller des steaks irradiés.

Selon les scientifiques, par contre, le contact du gras avec la flamme de votre barbecue serait nettement plus nocif pour la santé. Que la viande soit irradiée ou pas.

Le sucre

Il a été de toutes les conversations sur la santé en 2016. Le sucre dans les jus de fruits. Le sucre dans les boissons gazeuses, qu’on souhaite taxer pour limiter l’obésité. Le sucre dans presque tout, y compris là où on s’en doute le moins. Le sucre bien pire que le gras, et dont les géants de l’alimentation abusent.

Des documentaires ont été produits. Des livres aussi. Nous nous sommes d’ailleurs entretenus avec l’auteur de l’un d’eux qui, en marge de cette agitation, est venu remettre quelques pendules à l’heure, tout en nous rappelant que les sucres ne sont pas tous égaux.

On n’a pas fini de faire le procès du sucre. Encore récemment, lors de son passage à l’émission Tout le monde en parle, le Pharmachien a soulevé l’ire de nombreux téléspectateurs en soulignant qu’un verre de jus n’est pas l’équivalent d’un fruit. Et qu’on y trouve tellement de sucre qu’on serait tout aussi bien de s’envoyer une rasade de boisson gazeuse.

Avec l’obésité, endémique, on n’a pas fini de faire de la recherche sur le sujet et d’accuser le sucre (surtout dans ses formes modifiées et concentrées) d’être l’ennemi juré de la santé publique.

Les OGM in USA et le petit-lait américain

En novembre, un sondage indiquait que plus de 80 % des Québécois croient que les produits alimentaires contenant des OGM devraient en porter la mention. Depuis quelques mois, tandis que le Vermont est allé de l’avant avec une législation qui oblige les entreprises à indiquer la présence d’OGM dans leurs produits, le ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis, contemple l’idée de faire pareil. L’opinion publique semble être de son côté, donc.

Pas tout à fait comme pour le lait diafiltré, en provenance des États-Unis, qu’un trou dans la loi permet d’importer. Riche en protéines, il est utilisé, entre autres, dans la fabrication du yogourt.

Outre la réaction ulcérée des producteurs de lait du Québec et du Canada en avril dernier, plusieurs se sont demandé si la législation était aussi serrée en matière d’utilisation d’antibiotiques ou quant au traitement des bovins américains.

Selon les spécialistes, il n’y a pas de quoi paniquer. Au contraire. C’est bovin blanc et blanc bovin.

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David Desjardins
Contributeur fréquent à L'Actualité, à Vélo Mag et à Entrée Principale à Radio-Canada, David Desjardins est le rédacteur en chef de NotreSanté.ca