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Revue 2016 : la santé à la une

Cet avant-dernier volet de notre rétrospective de 2016 en santé aborde les sujets qui ont fait la manchette avant de retourner dans l’ombre. Si on en parle ici, c’est parce qu’ils méritent mieux que l’oubli.

Le Zika

En novembre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) annonçait que le Zika n’était plus une urgence de santé mondiale. Selon l’Agence Science-Presse, toutefois, cela ne signifie pas que la crise est tout à fait terminée. En gros : le Zika est là pour rester.

Rappelons que la maladie est transmise par des moustiques, qu’elle provoque des malformations chez les nourrissons (donc elle affecte le fœtus de femmes enceintes qui sont contaminées), et parfois aussi une affection du système nerveux chez les adultes.

Le type de moustique responsable de la transmission étant particulièrement présent au Brésil, où se tenaient les plus récents Jeux olympiques, la maladie a été doublement mise de l’avant dans les médias. Finalement, en termes de risques de propagation de la maladie, quelques chiffres ont permis de calmer le jeu : les visiteurs et les athlètes des Jeux représentaient moins de 1 % de tous les voyageurs qui allaient déposer leurs valises en zone touchée par le Zika au cours de l’année.

À la fin de l’été, l’OMS annonçait le nombre d’athlètes ayant contracté la maladie pendant les Jeux. Total : zéro.

Pendant ce temps, c’est à Québec qu’on met à l’essai le premier vaccin contre le Zika. Parce que rappelons-le : la maladie ne fait peut-être plus la une, mais elle n’est pas disparue pour autant.

Les CHSLD

Il y a eu le scandale des douches, déclenché par François Marcotte. On se souvient de sa campagne de sociofinancement lancée afin de se payer des soins d’hygiène plus fréquents que ce que prodigue le CHSLD où la sclérose en plaques l’a cloué à seulement 43 ans.

François est l’exception : une personne assez jeune, et très débrouillarde, qui a pris la parole publiquement afin de dénoncer des conditions inacceptables. Sa voix a donc porté, d’autant qu’elle s’exprime au nom de milliers d’anonymes, souvent vieux et démunis, qui n’ont pas les moyens de se défendre.

Les scandales se sont alignés concernant les soins aux personnes âgées. Il y a quelques semaines, c’était la nourriture qui défrayait la chronique. En particulier les patates en poudre. Un autre symptôme, selon la plupart des acteurs du milieu, du sous-financement de ces centres.

L’année s’est terminée avec un grand banquet médiatique que présidait le ministre de la Santé, histoire de promouvoir les efforts du gouvernement en matière d’alimentation.

Mais au-delà de l’indignation médiatique ponctuelle, ces scandales montrent les énormes défis auxquels devra faire face le système de santé tandis que la plus importante cohorte de notre histoire (les baby-boomers) s’apprête à passer à l’âge de la vieillesse… qui est aussi celui de la vulnérabilité.

SABSA

Après quelques années couronnées de succès dans la basse-ville de Québec, la clinique SABSA s’est retrouvée menacée de fermeture au printemps dernier.

Acronyme de «services à bas seuil d’accessibilité», la clinique dessert une clientèle de la marge. Extrême pauvreté, maladies chroniques sont son lot quotidien. Et sa clientèle y aboutit parce qu’on n’y réclame rien. Pas même une carte d’assurance maladie, que les malades n’ont souvent pas.

Mais après quelques années comme projet pilote financé par la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), SABSA s’est retrouvée devant le néant pour des motifs essentiellement administratifs : comme coopérative, elle ne cadrait dans aucune des petites cases du Ministère.

Et malgré que SABSA soit sans médecin, même la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), habituellement contre ce type de pratique, s’est portée à la défense de la clinique, essentielle dans la situation de crise permanente qui est celle des quartiers pauvres.

Une campagne de sociofinancement a été lancée (une autre!), puis, dans un geste d’une rare magnanimité, sans doute inspiré par la pression de l’opinion publique, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a revu sa décision et décidé de sauver SABSA.

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David Desjardins
Contributeur fréquent à L'Actualité, à Vélo Mag et à Entrée Principale à Radio-Canada, David Desjardins est le rédacteur en chef de NotreSanté.ca