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Revue 2016: matières à réflexion en santé

Dernier volet des questions qui ont occupé l’actualité en santé en 2016 : nous nous penchons sur ce qui a retenu notre attention, et demeurera dans nos consciences au-delà du 31 décembre. Des sujets qui sont autant de signaux d’alarme que d’objets de réflexion pour réformer nos manières de faire, et parfois de vivre aussi.

Objets connectés et attaques informatiques

Le 21 octobre, la compagnie Dyn était victime d’une attaque informatique qui allait paralyser certains des sites les plus importants aux États-Unis et au Canada. Des exemples? PayPal, Starbucks, Twitter, The New York Times, etc.

Le principe est assez simple : vous utilisez un logiciel malicieux, implanté dans des milliers de machines sans que leurs propriétaires le sachent, et utilisez ces machines comme bornes de relais afin d’inonder le serveur de demandes, ce qui le paralyse. Celui de Dyn servait à transformer les noms de domaine en adresses IP afin de diriger celui qui tape, par exemple, l’adresse du New York Times vers le site du journal, qui répond à un code chiffré associé à son nom.

Le rapport avec la santé?

Les objets connectés, de plus en plus nombreux dans le domaine, sont la cible favorite des pirates. Ainsi, des milliers de moniteurs pour bébés et de caméras de surveillance connectés à Internet auraient été transformés en zombies et utilisés lors de cette attaque.

L’ennui, c’est que, d’une part, les créateurs de ces gadgets, souvent des entreprises en démarrage, n’ont pas le souci de protéger ces objets d’éventuels actes de piratage. Et nous, comme utilisateurs, protégeons très mal nos réseaux.

Les attaques comme celle contre Dyn ont doublé entre 2015 et 2016. On prévoit qu’elles doubleront encore d’ici 2020, et c’est beaucoup à cause des objets connectés, ce qu’on appelle aussi l’Internet des objets.

L’abus d’antibiotiques

Nous avons l’antibiotique facile. Ce nous, c’est le patient et le médecin.

Le premier, anxieux et habitué à un traitement rapide. Le second, cédant sous la pression du patient et des habitudes.

Mais cette année, les signaux d’alarme concernant l’abus d’antibiotiques ont continué de se multiplier, suscitant de nombreux articles et prises de position sur le sujet. Parmi les plus éclairants, celui d’Alain Vadeboncoeur, dans L’actualité, explique que la science tend désormais à réprouver l’usage d’antibiotiques pour tout ce qui ressemble à un virus comme une otite, une sinusite ou une bronchite.

Pourquoi en réduire l’utilisation?

D’abord parce que nous devenons résistants, à force de trop en prendre, si bien que lorsque la nécessité de s’en voir administrer survient, les antibiotiques sont moins efficaces. Ensuite parce qu’ils comportent bien plus d’effets secondaires qu’on le croit. (Message aux antivaccins : les risques inhérents à la prise d’antibiotiques sont nettement supérieurs à la vaccination des enfants.)

De récentes études tendent aussi à montrer que la prise d’antibiotiques à un jeune âge est nuisible à la flore intestinale. Est-ce que cela pourrait expliquer des problèmes de santé, comme l’obésité? Ce n’est pas tout à fait impossible.

En outre, la résistance aux antibiotiques est devenue un problème de santé mondial. Partout, les médecins constatent que les traitements contre le paludisme, le VIH, la grippe, la tuberculose et quantité d’autres maladies sont rendus inefficaces, probablement en raison de la surexposition aux antibiotiques.

Un sujet dont on n’a pas fini de parler.

Le stress, la méditation, la psychologie couverte

Un Québécois sur cinq sera éventuellement touché de près ou de loin par la maladie mentale, soutient l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal. D’ici 2020, la dépression se classera au second rang des principales causes d’incapacité, derrière la maladie cardiaque.

Chaque année, 20 % des travailleurs souffrent de maladies liées au stress, une source de dépenses considérable pour l’État comme pour les entreprises. Le stress en milieu de travail représenterait 19 % des coûts d’absentéisme et 40 % des coûts liés au roulement de personnel.

Ça commence à faire beaucoup, et ce que ça signifie, c’est que les efforts que nous mettons à travailler plus pour faire rouler les affaires finissent par leur nuire.

De plus en plus d’entreprises et d’individus adoptent donc des pratiques plus saines et tentent de préserver, ainsi, leur santé mentale. La méditation est en train d’entrer dans les pratiques plus courantes, avec l’activité physique. Reste maintenant à voir comment, en dehors des assurances privées, on pourra donner un plus grand accès aux psychologues à une population aux prises avec une consommation effarante d’antidépresseurs en tous genres, des problèmes de sommeil, et on en passe.

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David Desjardins
Contributeur fréquent à L'Actualité, à Vélo Mag et à Entrée Principale à Radio-Canada, David Desjardins est le rédacteur en chef de NotreSanté.ca