La santé des étudiants 2 – Nouvelles réalités

Grâce à des accommodements qui lui sont consentis, une toute nouvelle population accède aux études supérieures. Elle n’est pas la seule à bénéficier d’aide. Les cégeps et les universités offrent de plus en plus de programmes pour tendre la main aux étudiants qui en ont besoin. Et les institutions modifient leurs pratiques pour réduire les écueils.

Ils étaient autrefois absents des campus. Ou certainement beaucoup plus rares. Mais les étudiants devant composer avec des conditions particulières ou des problèmes de santé mentale sont désormais de plus en plus nombreux dans les cégeps et les universités. Avec ce que cela implique de changements dans le fonctionnement des écoles.

«C’est un phénomène important qui prend de l’ampleur depuis une dizaine d’années», explique la psychologue clinicienne Véronique Mimeault. Elle connaît bien le milieu, puisqu’elle soutient dans son travail la population étudiante de l’Université Laval.

Un diagnostic de trouble de l’autisme ou de TDAH n’est plus nécessairement un frein pour entreprendre des études supérieures. «On outille ces étudiants et on leur donne les moyens de réussir», dit Mme Mimeault.

Délais de remise plus souples pour les travaux, temps d’examens allongés, possibilité de faire des évaluations dans une salle en privé : plusieurs ressources sont à la disposition de ces jeunes gens.

Mais leurs difficultés d’apprentissage en font aussi de grands usagers des services universitaires. «Il y a même des personnes avec des troubles mentaux majeurs qui accèdent aux études supérieures, poursuit la psychologue. Grâce à une médication de plus en plus efficace, des gens souffrant de maladies aussi importantes que la schizophrénie parviennent à suivre un parcours d’études jusque chez nous. Donc, forcément, si on accepte plus de gens, on doit faire face à un nombre croissant de problèmes.»

Des changements en marche

Ces nouvelles populations et l’augmentation des consultations pour cause de stress, d’angoisse et de détresse psychologique tendent à modifier les pratiques des universités.

Afin de s’aligner sur les besoins des clientèles particulières tout en ayant en tête un souci de justice envers les autres étudiants – et aussi pour des motifs financiers –, certaines institutions songent à allonger le temps consacré aux examens pour l’ensemble d’une cohorte.

«Les façons de faire changent aussi afin de réduire le stress. Par exemple, il y a des programmes où plusieurs examens avaient lieu dans une courte période de temps, comme sur deux jours, ce qui mettait beaucoup de pression sur les étudiants. On essaie de changer ça», explique Véronique Mimeault.

Les ressources d’aide en santé mentale

Il existe une réelle sensibilisation institutionnelle aux problèmes de plus en plus criants en matière de santé mentale.

Que cette augmentation soit due simplement au fait que les tabous entourant la consultation psychologique tendent à disparaître, qu’on introduise de nouvelles populations à risque ou qu’il existe une hausse marquée du stress dans le milieu, peu importe : les institutions répondent en masse.

Elles procurent des services d’aide et des outils de prévention, à travers différentes plateformes, dont la plupart sont en ligne.

Les services à la vie étudiante de l’UQAM, le service de psychologie de l’UQTR, le Centre de santé et de consultation psychologique de l’Université de Montréal et le programme des saines habitudes de vie Mon équilibre UL de l’Université Laval, pour n’en nommer qu’une poignée, constituent des ressources essentielles pour celles et ceux qui doivent jongler avec des problèmes marginaux, ou alors plus courants, comme le stress et la dépression.

Quand on consulte ces outils, on voit bien que l’enjeu de la santé mentale est cependant intimement lié à d’autres facteurs de bien-être général, comme une détérioration de la condition physique. C’est le sujet de notre prochain texte de cette série.

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