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Science et alimentation – vaincre la crise de foi

La multiplication d’articles et d’ouvrages prêtant des vertus curatives à la nourriture pose problème. À force de gros titres mensongers, de recherches mal expliquées au public, et de résultats sans cesse contredits par ceux d’une plus récente étude, la population perd peu à peu foi en la science.

Il s’en trouve évidemment à qui cela profite : les médias qui continuent de nous inonder d’études, les gourous du bien manger et l’industrie alimentaire.

Que peut-on faire pour atténuer le problème? Le chercheur André Marette, la journaliste scientifique Valérie Borde et le nutritionniste Bernard Lavallée proposent quelques techniques d’autodéfense contre l’abondance de «fausses nouvelles» en nutrition.

Départager les sources

Selon André Marette, s’il faut faire attention à une chose, c’est à la provenance d’une étude. «On assiste à une multiplication de publications qui ne sont pas toutes scrupuleuses. Il suffit de payer pour publier dans certaines d’entre elles…»

Une simple recherche dans Internet peut permettre de départager les bonnes sources des moins fiables.

«Aussi, croit Bernard Lavallée, il faut vérifier combien de recherches pointent dans la même direction. Est-ce qu’une seule personne se prononce sur un sujet? Alors ce n’est pas très fiable.»

Se méfier des titres accrocheurs

«Si on annonce une certitude, par exemple que le café est bon pour la mémoire, ce n’est généralement pas vrai, dit Valérie Borde. Déjà, si on emploie le conditionnel, c’est moins douteux.»

«Si c’est trop beau pour être vrai, abonde Bernard Lavallée, c’est que ça l’est.»

Si ça paraît trop simple, c’est mauvais signe.

Démédicaliser la nourriture

«Non seulement la science de la nutrition est jeune, mais c’est encore plus nouveau qu’on prête des vertus curatives aux aliments. Il faut cesser d’espérer des solutions miracles», dit Bernard Lavallée.

Manger de manière diversifiée, et des aliments le moins transformés possible : voilà la seule règle à peu près fiable en alimentation.

Éduquer, politiser

Selon Valérie Borde, une des manières d’encourager l’amélioration des connaissances de la population en matière de nutrition serait de conférer une indépendance accrue à ceux qui rédigent des documents aussi importants que le Guide alimentaire canadien.

Depuis longtemps, de nombreuses voix s’élèvent pour remettre en doute son indépendance, insinuant ainsi qu’il existerait un certain copinage entre ses responsables et l’industrie alimentaire.

Cela, sans parler de la nécessité de rénover les principes du Guide, comme le réclament plusieurs nutritionnistes, proposant comme modèle celui du Brésil.

Il faudrait donc qu’il existe une véritable politique d’éducation en nutrition. Comme pour le reste.

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David Desjardins
Contributeur fréquent à L'Actualité, à Vélo Mag et à Entrée Principale à Radio-Canada, David Desjardins est le rédacteur en chef de NotreSanté.ca