Quand la solitude rend malade

Prendre du temps seul pour soi est aussi rare que bénéfique. Mais la solitude chronique, elle, nuit gravement à la santé. Et les personnes les plus touchées par l’isolement sont souvent aussi les plus vulnérables.

Au Canada, 28 % des personnes vivent seules. Au Québec, un tiers des ménages est composé d’un membre unique. La solitude est donc un mode de vie pour un nombre croissant d’individus.

De manière paradoxale, plusieurs diront que nous sommes désormais connectés en permanence, et que la solitude est devenue une chose précieuse, qu’il faut cultiver afin de s’extraire du bruit ambiant et de se retrouver avec ses pensées.

Et c’est tout à fait vrai. Vécue volontairement, la solitude est non seulement souhaitable, elle est même profitable d’un point de vue psychologique.

L’isolement rend malade

Il faut toutefois faire la différence entre solitude et isolement. La langue anglaise possède un mot qui n’existe pas dans notre idiome : loneliness, soit la souffrance qu’engendre le fait d’être dépourvu de liens sociaux.

C’est cet isolement qui peut rendre malade.

Les recherches de John Cacioppo, de l’Université de Chicago, montrent d’étonnantes conséquences liées à l’isolement chronique, dont plusieurs en lien avec la santé physique.

Par exemple : les marqueurs de stress sont nettement plus élevés chez les gens qui souffrent de solitude prolongée lorsqu’ils sont soumis aux mêmes stimuli que des individus ayant une vie sociale satisfaisante. Les personnes qui sont trop seules ont une pression sanguine plus élevée et dorment moins bien.

Le manque de sommeil, la production élevée de cortisol liée au stress et la haute pression sanguine comptent parmi les principaux facteurs de risque de maladies chroniques graves.

Les personnes âgées les plus touchées

À force de ne fréquenter que peu de gens, plusieurs développent une incapacité à créer des liens.

C’est particulièrement vrai chez les personnes âgées, dont on constate souvent qu’elles développent un comportement asocial lorsqu’on les prive de contacts humains fréquents. Dans les coulisses de leur intimité, elles sont aussi plus susceptibles de développer des problèmes de dépression, de dépendance à l’alcool et de nourrir des pensées suicidaires, comme le souligne un rapport de 2014 du gouvernement du Canada sur cette question.

Les aînés malades, à faible revenu, très âgés, qui sont des proches aidants, des autochtones ou des membres de la communauté LGBT sont encore plus à risque que la moyenne de souffrir de cet isolement.

L’absence de liens sociaux serait aussi responsable d’une augmentation de 60 % des risques de démence.

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