Stress, travail et santé mentale: des solutions

Les problèmes de santé mentale semblent enfin occuper l’espace médiatique qu’ils méritent. Le hic, c’est que l’un des principaux responsables des ennuis de santé psychologique est une activité humaine incontournable : le travail.

De trop nombreux travailleurs semblent pris dans un inextricable engrenage, comme le révélait une enquête de la firme Morneau Shepell plus tôt cette année. Soixante-dix pour cent des 1500 répondants y ont déclaré que leur gagne-pain affecte négativement leur santé mentale. Et 78 % s’absentent du travail en raison de ces problèmes.

Bref, c’est une roue qui tourne.

D’un côté, les employeurs ont un réel examen à faire en la matière, afin de promouvoir un environnement sain et dépourvu de pression inutile ou de relations toxiques. Mais les individus doivent aussi chercher des solutions pour être moins susceptibles de céder sous la pression. En commençant, si possible, par retirer une couche de tension et retrouver le plaisir d’aller au travail.

Réduire les sources de stress

Le monde du travail est devenu particulièrement exigeant. On arrive parfois même au bureau épuisé de la routine du matin et d’avoir conduit dans le trafic. Si vous le pouvez, prenez le transport en commun et profitez de ce moment pour relaxer. Ne textez pas, écoutez un balado ou de la musique. Fermez les yeux et évitez si possible toute sollicitation extérieure.

Une fois assis devant votre écran (nous occupons largement notre temps de travail ainsi, désormais), ne cédez pas devant l’ampleur de la tâche et la multiplication des sollicitations.

Faites une chose à la fois : le multitasking est nuisible pour votre cerveau, augmente le stress, et donc la production de cortisol, ce qui vous empêche de penser clairement et d’être productif.

Éteignez les autres sources de stimulus lorsque vous devez accomplir une tâche, désactivez les options de notification qui vous avertissent de l’arrivée d’un nouveau courriel, d’un message sur Slack ou d’un autre sur Messenger. Vous y reviendrez plus tard.

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Vous verrez combien votre productivité augmente et, grâce à l’accomplissement de tâches signifiantes, le plaisir de travailler également. Lorsque votre travail est fait, retournez à vos canaux de communication, et consacrez-y le temps nécessaire, puis notez dans une liste de choses à faire ce qui vous tracasse et que vous craignez d’oublier, puis classez vos courriels dans des sous-catégories pour ne pas perdre la tête.

Travailler en pleine conscience

Nous avons la fâcheuse tendance à glorifier le stress et le fait d’être constamment occupé. Or, cette pression continuelle nous rend malades, contamine l’ambiance du bureau en provoquant de l’exaspération et de l’agressivité, puis plonge les entreprises comme les individus dans le marasme de l’absentéisme pour cause de maladie.

Mais pour ne pas sombrer, outre les méthodes d’évitement mentionnées plus haut, on peut aussi tenter d’être plus à l’écoute des symptômes du stress. Ceux-ci sont souvent physiques : sensation de fatigue, maux de tête, de cou, étourdissements, souffle court.

Apprenez à reconnaître les signes de stress intense. Prenez vos périodes de pause pour réellement relaxer en vous éloignant si possible de l’ordi et en ne passant pas toutes ces précieuses minutes rivé à un autre écran. Le midi, mangez en parlant avec vos collègues, écoutez-les, sortez faire une marche. Et lorsque le travail vous submerge, c’est exactement à ce moment qu’il faut prendre du recul. Retrouvez votre souffle, votre respiration. Détendez votre corps – qui est sans doute d’une incroyable raideur –, prenez une minute pour bien comprendre la situation au moment présent, ce qui vous accable, ce qui va bien, puis abordez le travail en hiérarchisant les tâches afin d’en venir à bout sans virer fou.

Tout cela peut paraître simple, et pourtant complexe à appliquer : il faut cependant s’efforcer d’y songer. Car il est temps que nous repensions notre rapport au travail. Celui-ci doit être autrement stimulant qu’une banale source de revenus. Nous y passons de longues heures. S’y plaire, ou à tout le moins ne pas s’y rendre malade, c’est un important facteur de bonheur.

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