La télémédecine pour réparer le système de santé?

La télémédecine est-elle la solution à envisager pour désengorger nos urgences? À en croire certains médecins qui y consacrent une fraction de leur pratique, c’est l’évidence même.

Déjà bien implantée aux États-Unis et dans d’autres provinces canadiennes, la télémédecine fait lentement son chemin au Québec. En France, on annonçait récemment que le service qui permet de consulter un professionnel de la santé en ligne pourrait être accessible à tous dès septembre prochain.

Au Québec, ce genre de commodité est encore confidentiel, mais il gagne en popularité.

La compagnie Dialogue, fondée en 2016, connaît d’ailleurs une importante croissance, propulsée par une nouvelle ronde de financement qui lui a permis d’obtenir de substantiels fonds pour développer son produit : un lien direct avec un professionnel de la santé, en ligne, pour les employés des entreprises qui souscrivent au service à la manière d’une assurance santé. Soit en payant un tarif mensuel par employé, selon le type de couverture.

Le premier triage est effectué par des infirmières, comme à l’hôpital, mais par «chat». Puis, si nécessaire, un médecin intervient en ligne afin de poser un diagnostic, ou simplement d’envoyer le patient à l’hôpital si les données à sa disposition sont insuffisantes.

L’attrait de la télémédecine… pour les médecins

Stéphanie Moynihan a joint l’équipe de Dialogue en 2017. Médecin généraliste, elle occupe le plus clair de son temps en GMF.

«Je travaillais à la clinique d’Ubisoft un ou deux jours par semaine au moment où Dialogue a obtenu le mandat en santé pour la compagnie», relate-t-elle. On lui propose alors de poursuivre son travail en personne, à la clinique, auquel s’ajouteraient des consultations en télémédecine.

Malgré les limites concernant les données biométriques accessibles en ligne, la médecin adepte de nouvelles technologies a le sentiment que ce genre de service gagnera en popularité au fil des ans, aidé par de nouveaux outils capables de prendre la température, la fréquence cardiaque ou la pression avec précision, à partir de la maison.

«Mais en attendant, si nous travaillons avec des parents, pour leurs enfants, nous pouvons les guider pour qu’ils prennent les meilleures mesures possible. Et au besoin, nous envoyons les patients à la pharmacie, où l’on pourra prendre leur pression, par exemple.»

S’habituer à un nouveau rapport

Évidemment, l’adaptation n’est pas toujours naturelle. Et si certains patients sont intimidés par l’interface numérique, d’autres en profitent. «En santé mentale, illustre la médecin, il y a des personnes qui préfèrent la distance que permet une rencontre en ligne et se confient plus rapidement, alors que pour d’autres, c’est le contact en personne qui prime et leur permet de discuter franchement.»

Mais au-delà de ces considérations, la Dre Moynihan considère la télémédecine comme une option de plus en plus nécessaire afin d’obtenir un accès rapide à un professionnel de la santé, à une époque où les urgences sont constamment engorgées.

«On est en train d’intégrer des services dans le Grand Nord, et ça fonctionne très bien. Je ne pense pas que ça remplace la médecine en personne, et certaines conditions nécessitent qu’on voie une équipe médicale autrement qu’en ligne, mais je crois sincèrement que ça peut agir en complémentarité.»

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