Et TOC! Qu’est-ce que le trouble obsessionnel compulsif ?

La Semaine du trouble obsessionnel compulsif est l’occasion de mieux comprendre l’anxiété extrême qui accable ceux qui en souffrent. Portrait d’ensemble d’un problème débilitant.

Le trouble obsessionnel compulsif, ou TOC, comprend deux pôles.

Le premier relève de l’obsession, d’images qui surgissent dans l’esprit, de pensées intrusives qu’on peine à ignorer, et qui nous angoissent.

La seconde partie du TOC est la conséquence de la première : se sentir obligé de faire certaines choses liées à nos obsessions pour tenter de les calmer. Ces rituels sont rassurants, permettent parfois de chasser brièvement les idées obsessionnelles, mais ils ne procurent aucun plaisir à ceux qui les accomplissent.

En fait, le problème du TOC, c’est qu’il se répète sans cesse, et ce, malgré que la personne atteinte soit consciente de la futilité de sa tentative d’apaisement. Elle n’y peut rien, c’est plus fort qu’elle, lui semble-t-il. Et cela provoque chez elle une détresse bien réelle, donc encore plus de souffrance psychologique.

Reconnaître les TOC

Il existe plusieurs craintes, peurs et autres obsessions chez ceux qui souffrent d’un TOC. Parmi celles-ci :

 

  • La peur de la contamination
  • L’obsession pour la symétrie des objets
  • Des pensées sexuelles persistantes
  • Un souci démesuré pour son apparence
  • La peur de se tromper
  • La crainte de jeter un objet essentiel

 

Si ces obsessions ne se traduisent pas toujours par la répétition d’un geste d’apaisement, chacune a des comportements qui lui sont associés.

 

  • Se laver à répétition
  • Ne pas pouvoir s’empêcher de placer les objets de manière symétrique
  • Se masturber compulsivement
  • Passer des heures interminables à soigner son look, ou ne plus sortir
  • Éviter de prendre des décisions par peur de faire le mauvais choix
  • Ne rien jeter

Qui est touché?

Il ne s’agit là que d’exemples, les plus communs. Les causes et les effets diffèrent d’une personne à l’autre. On estime qu’environ 2 à 3 % de la population est atteinte d’un TOC. Plus de 50 % des gens affectés souffrent d’un autre problème psychologique, comme la dépression, la phobie; chez les enfants, cette proportion monte à 75 %, plusieurs souffrant aussi d’anxiété (généralisée, de séparation), de troubles de l’opposition, de l’attachement, etc.

Les traitements

Le plus souvent, on recommande des thérapies cognitivo-comportementales pour venir à bout des TOC. Un consensus scientifique désigne cette méthode comme la plus efficace. Mais les TOC sont souvent tenaces, et comme ils s’accompagnent parfois d’autres maladies mentales, il se peut aussi qu’ils nécessitent une forme de médication. Dans ce cas, il revient évidemment au médecin de déterminer le traitement approprié.

Il existe aussi un traitement psychologique basé sur les interférences, développé à Montréal. Il s’agit pour le thérapeute de faire cheminer le patient afin qu’il puisse distinguer le doute obsessionnel qui l’accable du doute sain. Cette thérapie composée d’une dizaine d’étapes serait extrêmement efficace, et de plus en plus prisée.

Quoi qu’il en soit, les proches doivent être compréhensifs, sans toutefois se soumettre aux rituels des personnes atteintes d’un TOC. Leur accompagnement dans le traitement est délicat, et réclame du renforcement positif. Il suffit parfois de rappeler à la personne qu’elle est plus que son trouble, qu’elle a des qualités, et de s’engager à l’aider sur la route de la guérison. À condition, évidemment, de s’assurer de respecter cet engagement qui, avouons-le, ne sera pas de tout repos. Parce que subir un TOC, même lorsqu’on est un proche et non le malade, peut être extrêmement éprouvant.

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