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Le trouble affectif saisonnier

 

Ils sont rares, ceux qui se réjouissent lorsque le calendrier amène ses mois les plus ternes et ses jours les plus courts. Mais il y en a pour qui cette période de l’année provoque de réels problèmes psychologiques. Heureusement pour eux, il existe des moyens d’atténuer l’effet du mois des morts sur l’humeur.

Les scientifiques ne s’accordent pas encore sur les causes du trouble affectif saisonnier (TAS).

Est-ce le manque de lumière qui provoque une baisse de l’apport en sérotonine, ce qui aurait pour effet de troubler l’humeur? Une réduction de la production de mélatonine est-elle en cause? Ou est-ce que cette phase affecte particulièrement le cycle circadien de certains individus plus que d’autres?

On l’ignore.

Ce qu’on sait, c’est que le blues de l’automne, qui devient parfois celui de l’hiver, bien qu’on n’en connaisse pas la cause, est une véritable source de déprime chez 15 % de la population. Et chez 2 à 3 %, il s’agit d’un problème grave, qui peut s’apparenter à la dépression.

Les symptômes

La météo a un effet sur l’humeur de la plupart des individus. Se sentir las par une journée grise et froide (ou de bonne humeur lorsqu’il fait beau et chaud) n’est donc pas considéré comme un trouble psychologique particulier. Toutefois, certains symptômes qui durent pendant l’automne et l’hiver peuvent indiquer qu’on s’éloigne des variations attendues de l’humeur et qu’on souffre peut-être d’un TAS*.

 

  • Variations dans l’appétit (avec un intérêt accru pour les féculents, le sucre)
  • Baisse d’énergie marquée
  • Prise de poids
  • Fatigue
  • Besoin de dormir beaucoup plus longtemps que d’ordinaire
  • Angoisse, déprime
  • Fuite des situations sociales

Le diagnostic

Puisque la frontière entre un petit blues hivernal et un épisode dépressif est parfois ténue, il est relativement difficile de diagnostiquer un TAS avec certitude.

En outre, plusieurs des symptômes sont semblables, voire identiques à ceux de la dépression et du trouble bipolaire.

Toutefois, si on constate que plusieurs des symptômes mentionnés ci-haut reviennent à plus de deux reprises au même moment de l’année, on peut supposer une forme de trouble induit par les saisons.

Et si les symptômes sont particulièrement graves et incapacitants puis se résorbent au printemps, on peut conclure à une propension au TAS.

Le traitement

Il existe heureusement des moyens efficaces de contrer les effets de ce trouble.

Chez les gens qui éprouvent des symptômes à un degré moindre, une plus grande exposition à la lumière peut aider considérablement. On suggère de travailler près d’une fenêtre, d’ouvrir plus souvent les rideaux, voire de se munir d’une lampe solaire.

Chez les personnes atteintes d’un trouble sévère, cette photothérapie est elle aussi indiquée et semble réduire de manière importante les symptômes, même les plus paralysants.

Enfin, l’exercice physique est un excellent moyen de combattre le blues. Sortir sur l’heure du midi, alors que le soleil est encore haut, marcher, respirer l’air extérieur… Voilà encore un traitement universel qui, c’est prouvé, a un effet bénéfique sur les troubles mentaux, même les plus sévères.

* Source : Le blogue du cerveau de l’université McGill

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David Desjardins
Contributeur fréquent à L'Actualité, à Vélo Mag et à Entrée Principale à Radio-Canada, David Desjardins est le rédacteur en chef de NotreSanté.ca