Un nouveau modèle de clinique pour aînés

Le vieillissement rapide de la population oblige le système de santé à imaginer de nouvelles solutions pour désengorger les urgences et prévenir les hospitalisations. Parmi elles, un nouveau projet pilote né dans la capitale : la Clinique des aînés.

Les besoins en santé des aînés ne sont pas les mêmes que ceux des autres adultes. Formant une clientèle plus vulnérable, souvent victime de son isolement, cette tranche de la population est visée par une toute nouvelle initiative qui vise à réduire les visites à l’urgence de même que les hospitalisations.

La toute première Clinique des aînés (CDA) est une initiative du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale et d’une équipe médicale, sous l’égide du Dr Luc Tailleur.

Ce service de médecine gériatrique est notamment doté d’une équipe mobile qui pourra prendre en charge les personnes qui évoluent en marge du système… jusqu’au jour où elles doivent y être admises dans des conditions extrêmes. «Il y a un nombre important de personnes qui arrivent à l’urgence en ambulance et qu’on aurait pu traiter autrement si elles avaient eu accès à des soins de première ligne, expose le Dr Tailleur. Souvent, ce sont des gens qui n’ont pas de médecin de famille et qui, dans certains cas, souffrent de troubles cognitifs, ce qui fait qu’ils ne se rendent pas à leurs rendez-vous médicaux s’ils en obtiennent. Ce qu’on veut faire, c’est trouver les patients qui nécessitent un suivi, leur rendre visite, mettre à jour leur dossier médical et ainsi éviter leur hospitalisation.»

Le stress de l’hôpital

À cette équipe de suivi formée de médecins, d’infirmières et de professionnels en réadaptation dont les services seront d’abord prodigués dans les arrondissements de La Cité-Limoilou, Beauport, Les Rivières et Charlesbourg, à Québec, s’ajoutera une clinique de suivi en externe, située dans l’hôpital Saint-François-d’Assise. Celle-ci devrait voir le jour en 2020.

Le projet pilote risque de faire mouche et d’inspirer. D’autant que, comme nous l’explique Luc Tailleur, offrir un service qui permet aux gens de demeurer à la maison et de visiter une clinique, si possible, pour les suivis médicaux permet d’éviter des hospitalisations qui sont souvent très néfastes pour la santé générale.

«Les personnes âgées fragiles ou souffrant de troubles cognitifs sont soumises à un stress important sur le plan psychologique lorsqu’on les admet à l’étage [pour une hospitalisation]. Et sur le plan physiologique, elles sont aussi exposées à des maladies nosocomiales.»

Ce qui allonge le processus de guérison plutôt que l’inverse : sédation pour éviter que les personnes confuses, souffrant de delirium à la suite de leur admission, se blessent; infections relativement simples comme une pneumonie qui dégénèrent et nécessitent plusieurs jours de traitement; perte d’autonomie; réadaptation… Ce qui, chez un adulte plus jeune et en bonne santé, nécessiterait quatre ou cinq jours de traitement s’étire ainsi en semaines.

Rester chez soi

Ce service médical, qui agira en complémentarité avec l’aide à domicile qu’offrent les CLSC, permettra donc à cette clientèle plus vulnérable d’éviter les situations qui la placent en état de confusion et de détresse. Car au-delà de la question de l’accessibilité, il y a aussi celle de l’humanisation des soins. Cette dernière n’étant certainement pas étrangère au bien-être et à la santé générale des personnes âgées qui souffrent rapidement de désorientation lorsqu’on les extrait de leur domicile de manière prolongée. «Ces personnes ne veulent pas perdre leurs repères, leur autonomie, explique Nathalie Allaire, coresponsable du projet. Là, elles pourront être suivies, mais en conservant leurs habitudes de vie.»Air Jordan XX9 29 Shoes

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