Vaincre le stress de la rentrée

Le stress de la rentrée n’est pas un phénomène nouveau. Plusieurs connaissent bien, pour les avoir ressentis, les papillons dans le ventre et pincements au cœur qui accompagnent l’incertitude des premiers instants en classe.

«La différence, expose la psychologue Jeanne-Élise Gagnon, de la Clinique Chez mon psy, c’est que nous sommes désormais plus à l’écoute de ce que ressentent les enfants. Nous sommes plus attentifs à leurs émotions.»

Comment répondre à leurs angoisses à la rentrée, alors?

La psy propose quelques avenues qui peuvent servir de pistes à suivre pour mieux les accompagner, sans non plus les empêcher de vivre le petit stress qui vient avec tout changement et qui participe de l’aventure d’apprentissage qu’est l’enfance.

Écouter et faire preuve d’empathie

«On ne peut pas nier l’existence de sentiments», tranche Mme Gagnon. Si l’enfant se sent mal, c’est qu’il est mal. Il faut donc l’écouter, lui poser des questions. «Parfois, le simple fait d’en discuter et de l’amener à dévoiler ses craintes permet de les évacuer.» Il ne sert à rien de nier, ou pire encore, de ridiculiser les angoisses des jeunes. Ça ne les aide pas.

Comprendre les raisons

L’anxiété induite par la rentrée n’a pas toujours la même source. Il faut donc saisir ce qui ne va pas.

«Par exemple, les enfants qui ont des problèmes d’apprentissage savent que les prochains mois seront durs, qu’ils devront faire beaucoup d’efforts mais n’auront pas les résultats à la hauteur de ce qu’ils voudraient. Il y a un décalage entre l’effort fourni et le résultat obtenu», explique la psychologue. Et c’est loin d’être facile à vivre.

«Pour d’autres, poursuit-elle, c’est le volet humain qui est compliqué. Ont-ils vécu des expériences d’intimidation ou ont-ils simplement moins d’habiletés sociales? Être intégré à un grand groupe, interagir avec plusieurs jeunes de leur âge, c’est parfois une source de stress.»

Normaliser le stress

Il y a une importante part d’incertitude dans la rentrée. Aura-t-on le prof qu’on espère ou celui qu’on redoute? Nos amis seront-ils dans notre classe? Sera-t-on à la hauteur d’un point de vue scolaire?

«Il y a un état de perte de contrôle et de vulnérabilité qui vient avec la nouveauté», explique la psychologue, et c’est normal de se sentir stressé dans cette situation.

Dédramatiser sans ridiculiser

Toutefois, il ne faut pas laisser ces angoisses prendre toute la place. Une fois qu’on a déterminé quelles sont les sources de stress, il est important de les aborder avec le jeune et de déconstruire ses peurs.

«Il ne s’agit pas de faire preuve de surprotection et d’accompagner l’enfant dans toutes les étapes de cette transition, explique Mme Gagnon. Seulement, il faut l’amener à verbaliser ses craintes, puis revisiter avec lui le bagage positif des rentrées précédentes : les nouveaux amis qu’il s’était faits, la classe qu’il a tant aimée…»

«C’est un peu comme arriver à une piscine dont l’eau est froide, mais où tout le monde a l’air de s’amuser. Le pire, c’est de se mouiller», illustre la psychologue.

Imposer un sommeil réparateur

Un enfant qui dort bien composera beaucoup mieux avec le stress, assure la psy. Il faut donc l’amener à retrouver rapidement un horaire de veille et de sommeil propice à la récupération.

Ne pas surcharger l’agenda

Nous allons très vite, parfois trop pour que nos enfants aient le temps de suivre, explique Jeanne-Élise Gagnon. «On est à la course, on leur pousse dans le dos… Ça ne les aide pas à bien vivre ces changements, ni d’ailleurs à trouver le temps de nous en parler.» Évitez de les inscrire à mille activités et, de votre côté, de vivre à 100 km/h en permanence. La rentrée se passera ainsi plus en douceur.

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