Vieillir partie 2 : Mieux vivre avec la douleur chronique

La douleur chronique touche au moins le tiers des personnes âgées, affectant leur santé physique générale, leur santé mentale, et accélérant leur perte d’autonomie. Il existe cependant des moyens de contourner cette douleur, et pas nécessairement en pillant la pharmacie. Mais encore faut-il avoir accès aux ressources alternatives.

 «On nous reproche souvent de trop prescrire de médicaments, évoque le Dr David Lussier, gériatre. Le problème, c’est que pour plusieurs personnes, c’est parfois la seule solution à leur problème de douleur chronique.

Mais ce n’est pas autant parce qu’il n’existe pas de voies alternatives que parce que celles-ci ne sont pas accessibles.

À cela s’ajoute le silence dont s’entourent trop souvent les personnes âgées qui subissent ce mal incessant, alors qu’elles pourraient peut-être se permettre des traitements alternatifs.

«Elles ont peur de se plaindre et d’avoir l’air d’un patient difficile, ou alors que le médecin ne s’occupe pas de leurs autres problèmes et se concentre sur la douleur», raconte le médecin qui pratique à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal depuis 2004, surtout au sein de la Clinique de gestion de la douleur chronique, dont il est le directeur.

Ces personnes ne font qu’aggraver leur situation, malheureusement. «Elles doivent prendre en main leur problème, être actives et engagées dans la recherche de solutions afin de trouver, avec leur médecin, des traitements qui conviendront à leur problème.»

Les traitements physiques

Outre les médicaments, qui sont utiles, et souvent nécessaires dans le traitement de douleurs chroniques, il existe plusieurs autres manières d’alléger la douleur, de la prévenir, et d’empêcher qu’elle empire.

Il a été démontré que le maintien d’une activité physique soutenue est bénéfique pour la santé des articulations, par exemple, et que cela réduit souvent la douleur. Avec un programme conçu par un physiothérapeute ou un kinésiologue, des exercices peuvent permettre de maintenir un bon tonus musculaire, procurant également une meilleure mobilité et des réflexes qui préviendront les chutes, elles aussi très lourdes de conséquences chez certaines personnes âgées.

D’autres traitements comme les ultrasons, les appareils qui stimulent les muscles à l’aide de minuscules décharges électriques et l’application de froid et de chaud peuvent aussi contribuer à atténuer la douleur.

Ça se passe aussi dans la tête

La douleur constante nuit considérablement à la qualité de vie. Elle mène à l’isolement, à la dépression et entraîne même parfois la perte du goût de vivre. Le soutien psychologique peut aider un patient à surmonter ces écueils qui s’ajoutent à sa condition physique et l’emportent dans une spirale de négativité.

Entre la honte, la colère et le sentiment d’injustice, les idées noires ont tôt fait de coloniser l’esprit et d’empêcher la personne de chercher des voies d’évitement.

Celles-ci existent d’ailleurs sous des formes parfois inattendues : par exemple, la méditation, le yoga ou des techniques respiratoires peuvent aider à gérer la douleur, et à l’accueillir autrement qu’en y voyant une catastrophe permanente.

L’enjeu de l’accessibilité

Or, comme le mentionnait le Dr Lussier dans la première partie de notre dossier, les seules méthodes de traitement accessibles pour plusieurs personnes sont celles qui sont remboursées par la RAMQ : la visite chez le médecin et les médicaments.

«Si je crois qu’il vaudrait mieux que mon patient voie un psychologue ou un physio, mais qu’il n’a pas d’assurance et ne peut pas se le payer, ça ne sert à rien, il n’y a pas de ressources», soutient-il.

Ces ressources sont pourtant essentielles pour maintenir les personnes âgées actives, et les garder le plus loin, le plus longtemps possible, de centres de soins de longue durée qui ne leur conviennent pas toujours.

«Leur autonomie passe par ces soins-là, qui ne leur sont malheureusement pas accessibles», déplore-t-il.

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